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03.03.2007

Alter Ego (7)

medium_orsais.JPGEnfin seule avec Vagant, car il ne peut s’agir que de lui, je sens que la situation m’échappe. Mon attirance pour lui n’est plus à débattre, c’était devenu une certitude, mieux même, une évidence. Mais n’arrivant pas à joindre le geste à la parole, je dois lui donner le sentiment d’hésiter. Malgré tout il me tend des perches que je demeure bien incapable de saisir ; voulais-je retarder l’issue de ce qui devait advenir? Avec confusion, comme pour m’excuser de mon attitude ridicule, je lui avoue que je suis timide, que je n’y arriverai pas. A cet instant je ne me sens pas à la hauteur, un peu comme l’enfant auquel on apprend à faire du vélo et qui tombe quand il se met à penser à ce qu’il fait...

Alors il me montre depuis l’ouverture métallique la vue panoramique du musée :

- C’est de là qu’ils ont dû prendre les photos, non?

Plongée visuelle vers le bas, un saut, l'élément déclencheur... J'ai senti son corps, tout près, si près. Au même instant, son souffle caressait mon cou. Son parfum, ses yeux, sa présence m'ont fait chavirer en une fraction de seconde. Pourquoi résister à ce doux abandon? Je ne le savais plus maintenant que j'étais dans ses bras.

medium_le-baiser.3.jpgLequel des deux a pris ce baiser à l’autre? Je ne saurais le dire, l’élan de notre désir allait se rencontrer au croisement de nos corps. Blottie contre lui, je me suis suspendue à son cou. Enfin, je goûtais à loisir la chaleur de son corps, la douceur de ses lèvres, l'hardiesse de ses mains. Agréablement surprise par sa fougue, je n’ai pu retenir des gémissements tandis que ses mains me parcouraient et que son corps épousait le mien, plaqué contre la rambarde. Malgré notre vertigineuse étreinte, il m’interroge :

- Alors Ysé, pas trop déçue?

Cette question achève de me faire fondre. En guise de réponse, je pose ma tête au creux de son épaule et agrémente ce mouvement câlin de caresses dans le dos.

 
À suivre...

medium_fermeture_eclair_bw.9.jpg

 

Commentaires

Ce moment, si bien décrit ici, du frôlement, quand rien n'est encore sûr.. c'est le meilleur.

Ecrit par : Madeleine | 03.03.2007

Madeleine, quel plaisir de vous voir ici, vous que j'admire dans le silence de mes lectures.
Oui le moment où rien n'est encore sûr est de ceux qui me font le plus frissonner.

Ecrit par : Ysé | 03.03.2007

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