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30.09.2007

Sing sing song 1/2

 
Mai 2006, gare de Montpellier... Le bordel, comme souvent. Un problème de train, une heure d'attente. Pas de Ter.
Sur le quai, j'ai rencontré une amie. Nous étions ravies de nous retrouver. Le temps passerait plus vite en discutant. Une annonce brouille notre conversation, le TGV n° **** va entrer en gare voie 1. Pressées de profiter de notre week-end et de ne pas nous éterniser à Montpellier, nous parcourons le quai à la recherche d'un contrôleur. Vu les circonstances il nous autorise à prendre ce TGV. Et, pour couper court à ce que penseraient tout bas les mauvaises langues, il a aussi fait cette faveur à des quinquagénaires ventripotents avec la même amabilité. 
Aurélie et moi, nous nous installâmes dans le salon. Cet espace juste derrière la locomotive où la police s'installe parfois avec un détenu. Assises face à face sur les fauteuils rouge, nous fûmes vite rejointes par deux pères de famille. Quand le train s'est mis en branle, deux jeunes gens ont ouvert la porte. 
-ça vous dérange si l'on joue de la musique?
Il émanait de ce jeune homme avec sourire et guitare en bandouilière une sérénité et une gentillesse qui inspirent immédiatement la sympathie.
-Seulement si vous jouez bien, lance l'un des deux hommes, gagné lui aussi par le sourire communicatif du guitariste.
 
Le jeune homme se mit alors à gratter sa guitare cabossée et il en sortit un son acoustique doux et chaud qui se mariait admirablement bien avec la voix de la jeune femme qui l'accompagnait. Ils formaient un très beau couple tous les deux. Et, ce n'était qu'une impression peut-être, mais rarement je n'avais senti chez des gens autant de simplicité. Ce n'étaient ni des bobos qui sillonnent le monde en jouant les rebelles, ni des originaux vagabonds et asociaux. C'étaient tout simplement des artistes, des gens qui n'en vivront jamais mais qui vivent pour leur art. 
Bien vite, tous les six, nous sentons que quelque chose nous unit. Aurélie se pencha à mon oreille et me souffla : "Ils jouent bien". Et elle connaît son affaire Aurélie, cela fait des années qu'elle joue du piano. Moi je me contentais d'écouter et d'apprécier l'instant, dans une totale méconnaissance du solfège et des aspects techniques de cet art. Ici, la beauté se suffisait à elle-même.
 
Le jeune homme enchaînait son répertoire avec aisance. Et la fille suivait. Sa voix m'a touchée par sa pureté et sa force, qui n'était pas sans me faire penser à Irène Papas et ses sublimes odes... Pourtant, ce que j'entendais était nouveau. Et mon oreille, surchargée par la monotonie des programmes qui s'enchainent sur les ondes hertziennes, jouissait enfin d'entendre autre chose. Et, tous autant que nous étions, cette autre chose nous plaisait. La jeune femme dont je ne saurai vous dire l'origine, nous gratifia même de chansons traditionnelles de chez elle, qu'elle avait apprises à son compagnon. 
Mais cet échange n'aurait pas été complet si nous aussi, les spectateurs, nous n'avions pas chanté.
-A vous maintenant!
 
Nous vinrent à l'esprit ces chansons que connaissent par coeur les gamins qui partent en colo. Et c'est donc tout naturellement que nous avons entonné la Maison bleue de Maxime Forestier.
D'une chanson l'autre, nous voici enfin plongés en plein Sud-Ouest, terre natale des deux hommes qui chantaient avec nous. Or, les connaissances musicales du jeune homme s'étendaient à ces chants que beaucoup d'entre-nous ignorent.
 
Je ne saurais peut-être pas reconnaître ces deux musiciens dans la rue, même si leur charme m'a séduite. Mais, ce sont des personnes qui ne sortent pas de votre vie comme ils y sont entrés. Ils laissent, en partant, la chaleur, d'un souvenir, une petite, mais tenace, étincelle de joie.
J'ai revu Aurélie depuis, et nous avons eu l'occasion d'évoquer ce moment-là. C'était comme si nous étions dans une bulle, me dit-elle. Oui, comme dans un bon bain plein de bulles et dont on ressort calme et léger.
Cette beauté-là est comparable à la sonate de Venteuil qui semblait à Proust "murmurée comme un parfum"... D'ailleurs, ce souvenir imprègne encore ma mémoire comme la note basse d'un parfum ambré.
 

27.09.2007

Point G

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Il l'avait trouvé, il y était. Tout en poussant un soupir de soulagement, à moins que ce ne soit de contentement, il pensa que ce n'était pas trop tôt.

Fou de joie, il savourait l'instant. Il s'était donné tant de peine.

Il avait tant cherché. Il avait erré, fait des allers et retours. En vain! Il avait simplement réussi à se perdre dans ce dédale interminable. Il avait même glissé, frôlé ce qu'il convoitait, avant de tomber sur une impasse. Alors, il avait demandé son chemin, on l'avait guidé. Mais, que voulez-vous, il n'avait jamais eu le sens de l'orientation. Il se repérait à l'instinct. Et ce n'était qu'à la dernière extrêmité qu'il chaussait ses lunettes de myope, rabattant ainsi son orgueil et sa coquetterie. Il remplaçait alors une vanité par une autre. Maintenant, plus rien ne devait, plus rien ne pouvait lui échapper. Il était sûr de sa réussite et de sa bonne fortune.

Il trépignait, ses doigts le démangeaient. C'était le moment d'agir, il ne pouvait plus attendre. Cette fois-ci, ses sens ne le trompaient. Il pressentait qu'il touchait au but. L'agitation ambiante répondait à la sienne. Les courants d'air le poussaient, lui donnant ce souffle qu'il avait perdu. Son coeur s'emballait. La frénésie qui l'emportait le faisait vibrer. Oui, ça vibrait en lui. Et quand il plongea la main dans sa poche, il sentit que ça ne vibrait pas qu'en lui. Un sms! Il le lut à la hâte avant de poursuivre sa course.

Entre deux regards éperdus, il l'aperçut enfin. 

Elle se tenait là, droite sans être fière, malgré les courants d'air qui libéraient de son chignon quelques mèches dissipées.

Il savait depuis combien de temps elle attendait. Et il s'élança pour l'enlacer, dans cette gare morne et froide où ses pas s'étaient perdus sur le quai numéro 8, repère G.

 

24.09.2007

Little boudin

Samedi dernier, après un après-midi dédié au patrimoine, je rentrais chez moi à pied. Je marchais dans les rues qui me sont familières en évitant crottes de chien et chauffards empressés. Et c'est au coin d'un bel immeuble de caractère que j'ai eu un flash. La révélation!
Rassurez-vous, cela n'a rien de commun avec la conversion de Saint-Paul sur le chemin de Damas... Mais pendant un instant je fus frappée, saisie de stupeur ou allez savoir quoi... Au point que je marquai un temps d'arrêt. 
Sur fond de pierres de taille, un mannequin posait. Elle se prêtait aux facéties du photographe qui retouchait sa pose comme il l'aurait fait d'un pantin désarticulé. Ce qui me frappait surtout, c'était de voir, ailleurs que dans les magazines, un mannequin.
Grande, blonde, vêtue d'un pull en laine, d'une veste, de collants et de bottes hivernales...
Je ne parvins pas à distinguer son visage, caché par un large béret. Cette fille ne m'étonnait pas que par sa haute taille, bien au-dessus de la moyenne, mais également par sa silhouette plus que filiforme.
A côté d'elle, j'avais tout de la fille en surcharge pondérale. Elle devait avoir le même poids que moi, mais pour vingt centimètres de plus... Cherchez l'erreur...
Mais au lieu de complexer comme les ados le font en choisissant leur maillot d'été sur les magazines, je me sentais, au contraire, parfaitement bien.
 
Et puis, je ne pouvais m'empêcher de sourire. Je pensais à des réflexions d'un autre temps. Je me rappelais ceux et celles qui parfois me reprochèrent ma minceur comme une tare inacceptable.
Une culotte de cheval ou de la cellulite peuvent attiser marques de sympathie ou inimitiés, selon que vous en soyez ou non pourvue... Les garçons, quant à eux, sont plus pragmatiques. Ils repèrent une fille là où il y a des nichons.
Me vinrent également à l'esprit  les repas copieux -c'est un euphémisme- dont me régalait ma grand-mère, toujours étonnée et ravie que je fasse honneur à ses plats. Car s'il est vrai que ma grand-mère est un cordon bleu, elle ne conçoit pas en revanche que l'on ne se resserve pas au moins une fois. Il faut dire que sa générosité naturelle a toujours été confortée par l'appétit de son mari. Et quand elle m'invite à manger chez elle, je sais qu'il faut que je succombe à une devise qu'elle aurait pu faire sienne, celle qui veut que l'on préfère le trop au pas assez...
 
Or là, pour une fois, je goûtais l'ivresse d'avoir des formes, la griserie de me découvrir des rondeurs et la liberté de pouvoir déguster un plat sans en concevoir de remords. Je me sentais bien, vivante, bonne vivante même.
 
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21.09.2007

Bonjour tristesse

 Un abri-bus en pleurs. Si, ça existe. J'en ai vu un hier soir. Il avait pris les traits d'une adolescente.  Elle avait 16 ou 17 ans, tout au plus. C'était une ado au visage ingrat. Mais on a tous connu ça, on est tous passé par là. Elle pleure son premier amour, pensai-je, ou alors elle s'est disputée avec son petit copain. Ah, les peines de coeur! Elles nous font oublier qu'on est dans la rue, que tout le monde nous regarde, on se montre humain, tel qu'on est, sensible vulnérable, et ça gêne les autres. Cache ta peine, intériorise! C'est ce que nous pensons tous, c'est ce que nous tentons tous de faire. Nous ne voulons pas que notre compassion soit mise en échec, ou plutôt, nous ne voulons pas avoir honte de ne rien pouvoir faire.

Et elle pleurait, elle brayait cette jeune fille. Moi, comme les autres, je ne l'aurais pas remarqué, lui aurais-je accordé un regard, si elle n'avait pas affiché son malheur? 

Pour autant, elle n'est pas seule. Deux jeunes ados tentent de la réconforter. L'un d'eux ne dit rien, mais il est là.  L'autre, interroge son amie, sa soeur, sa cousine?  Avec lui, elle peut déverser le flot de paroles qui lui brûlent la gorge et qu'elle étouffe entre deux larmes.

-Mais oui, j'en suis sûre. Il me l'a dit!, ses doigts se crispèrent sur la grande enveloppe jaunâtre.

-Qu'est-ce que tu vas faire?

-Je ne sais pas! répondit la jeune fille à la question terrible et crue.

Que faire? Que faire? Elle tripotait, malaxait son portable comme une boule de relaxation...

-Oui Mamaannn! C'est moi. Qu'est-ce je vais faire? .... Qu'est-ce que je vais devenir? Non, j'attends le bus! Bisous maman.

Le jeune homme revint à la charge.

-Alors, tu décides quoi? 

Et il ajouta plus bas :-Tu vas avorter? 

Je n'entendis pas la suite. Dans le bus qui m'entraînait à l'autre bout de la ville, je songeais à cette jeune fille. Je songeais que j'aurais voulu l'étreindre, la rassurer... Et je pensais que c'était triste à son âge d'être confronté à un choix, un choix de vie qui, quoi qu'elle décide, marquerait la sienne. 

19.09.2007

Le diable est dans les détails

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C'est bizarre parfois de revoir ses amis après une longue absence.

Dans ce restaurant chinois, Julie constate mes progrès.

-Dire qu'avant tu ne savais pas tenir des baguettes!

Et oui ma chère, j'en ai appris des choses depuis ma naissance... Marcher, nouer mes lacets, faire l'amour, baiser... 

Je pensais me laisser aller à ma joie de la revoir, celle de retrouver notre complicité. Au lieu de cela, j'ai droit à des reproches. Je n'ai pas été assez disponible, pas assez présente. J'ai été une amie ingrate. Soit, si tu veux.

-Tu ne me parles que de boulot! Il n'y a que ça dans ta vie?

Là encore, je me mords les lèvres, j'avale un peu de riz. Je cherche une réponse... convenable. 

Elle aurait pu être blessante sa remarque et j'aurais pu être encore plus garce en lui balançant la vérité. Mais je ne sais pas être méchante et surtout je n'aime pas déballer ma vie intime. Des choses j'en ai vécues, mais je n'ai pas forcément envie de les partager... avec elle.

Alors je la laisse parler de son amour, l'homme de sa vie avec lequel elle est restée... deux mois. Elle s'imagine que je l'envie, que je la jalouse. Elle a tant de choses à me raconter, elle. Moi, je me contente de sourire et je n'en pense pas moins. Si elle savait... Mais ce qui est piquant justement c'est qu'elle ne sache rien et que, comme le veut le proverbe, ceux qui en disent le moins... Vous connaissez la suite!

Et là, elle me reproche ce qu'elle prend pour de l'indifférence.

-Mais tu te rends compte! Tu ne m'as même pas demandé de détails! Tu n'a rien voulu savoir, tu ne m'as posé aucune question! Une amie ça...

-Ecoute, Julie, tu m'as dit que tu as rencontré quelqu'un, que tu étais heureuse et je t'ai répondu que je l'étais pour toi.  Pourquoi aurai-je voulu en savoir plus puisque tu m'avais dit l'essentiel?

Et là, voyez-vous, je n'ai pas compris une de mes semblables, une femme. Comme quoi, nous ne sommes pas toutes les mêmes! Contrairement à Julie, je ne cherche pas à savoir les détails, le comment du pourquoi de la chose. Sans doute parce que je n'aime pas, moi-même, subir l'interrogatoire en règle sur ma vie sentimentale et/ou sexuelle. Et puis parce qu'il est des pudeurs autres que physiques...

Julie n'a guère changé... Elle est plus que jamais un coeur d'artichaut convaincu que le premier garçon qu'elle va rencontrer sera l'homme de sa vie.

Entre nous, je sentais comme un abîme incommensurable. Se rendait-elle compte que nous étions devenues, l'une pour l'autre, des étrangères? 

17.09.2007

Le résultat de mon larcin

Il y a quelques jours, j'ai lancé une devinette. J'ai extrait une image de film et je vous invitais, amis lecteurs, à retrouver le film en question.  La plupart d'entre-vous, a su reconnaître l'actrice principale : Audrey Hepburn. Même avec les yeux clos, cette frimousse nous est familière.

Certes, je n'ai pas choisi le film le plus connu. Breakfast at Tiffany's, Charade, Sabrina étaient donc condamnés d'office.

Mais comment vous en vouloir de n'avoir pas trouvé? Moi-même, je n'ai vu ce film que récemment. Il faut dire qu'il n'est guère passé à la télévision. Et en cela, les bibliothèques publiques de prêt sont bien utiles. On peut y dénicher bien des choses intéressantes.

Cette fois-ci, intriguée par ce film qui fit scandale et étiquetté comme "interdit aux moins de 18 ans", j'ai cédé à la tentation... Aujourd'hui le film de William Wyler ne nous parait absolument pas sulfureux, mais il aborde pourtant des thèmes peu traités à l'époque. L'homosexualité féminine, l'imagination perverse que peuvent avoir certains enfants -dont on sait depuis bien des affaires judiciaires qu'ils peuvent mentir tout aussi bien que nous-, la pression d'une société puritaine...

Dans La Rumeur (The Children's hour), une élève accuse ses professeurs d'entretenir des relations "contre-nature"...

Le montage que j'ai réalisé montrait Audrey Hepburn et James Garner dans une des rares scènes sensuelles. 

Pour vous donner une idée du film, en voici la bande-annonce en VO : 

 

15.09.2007

Week-end : Bouillon de culture

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C'est franchement dommage de devoir attendre une date spéciale pour décider de faire la fête, dire qu'on s'aime et toutes les choses du même ordre... J'en connais d'ailleurs une qui ne me contredira pas!

Mais aujourd'hui et demain, on assiste à un événement, chers lecteurs. Ce sont Les Journées du Patrimoine. Même pour ceux qui ont facilement accès à la culture ce sont des journées spéciales. On peut voir des lieux inédits fermés d'ordinaire au public, on peut assister à des conférences, des concerts en plein air et tout un tas d'animations assez sympathiques.  Pourquoi y aller?  Tout d'abord parce que c'est gratuit. Et que même si un certain S... parle de la gratuité des musées, nous n'en sommes pas là. Cela peut donc être l'occasion de visiter ce qui vous tient à coeur, ou alors des endroits plus insolites, sauf les Catacombes et la crypte de Notre-Dame de Paris qui restent payantes, allez savoir pourquoi... 

De plus, le programme est varié, il y en a pour tous les goûts. Et puis, la culture ce n'est pas seulement un musée, un édifice religieux ou culturel.... Cela regroupe aussi les piscines, la maison de la RATP, l'Observatoire...

Si vous voulez plus de renseignements c'est ici que vous en aurez :

-http://www.journeesdupatrimoine.culture.fr/ 

et pour les parisiens uniquement, c'est aussi là : 

-http://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut?page_id=1...

 

Vous savez tout. Maintenant, je vous laisse... J'ai un rendez-vous!  

14.09.2007

Au secours, j'ai craqué!

Oui je l'avoue, je fonds pour :

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le glacier qui sévit en bas de ma rue... Et encore, je me suis retenue de choisir Ciocolatto (chocolat noir),  ou encore Bacio (chocolat et noisettes) ou encore Amaretto (biscuit aux amandes), Yogurt ou que sais-je encore? Non admirez, mon abnégation, j'ai opté pour des sorbets... Cela dit, je n'ai guère de mérite, ce sont dans les sorbets que se trouvent mes parfums préférés. En l'occurence, citron et fruit de la passion, pour ne rien vous cacher.

Et puis, une glace c'est un peu une invitation au voyage... 

Mais pourquoi j'appelais au secours déjà?  

13.09.2007

Où tu veux, quand tu veux

-J'ai une surprise pour toi!

Son sourire dévastateur en disait long. Il s'ouvrait sur ses dents qui, sur le moment me parurent aussi affutées que celles du loup de Tex Avery.

Comme souvent, nous nous étions déshabillés à la hâte, en urgence, alors que rien ne nous pressait si ce n'est l'emballement de notre désir. 

Je m'apprêtais à administrer une magistrale fellation à Maxime quand celui-ci m'arrêta, me frustrant un peu, par la même occasion.

-Pas si vite ma belle.

Je répondis par une moue boudeuse. 

-Allonge-toi sur le ventre... Oui comme ça, écarte un peu plus les jambes. Mets tes bras au-dessus de ta tête!

Patiemment, Maxime travaillait ma pose. Il jouait avec mon corps et avec mes nerfs. Il relevait légèrement mon bras, tournait ma tête, écartait mes jambes comme il l'aurait fait d'un compas. Il me faisait penser à une couturière prenant les mesures, rajustant les étoffes avant d'assembler les bouts de tissus. Sauf que j'étais nue et qu'en fait Maxime me regardait sous toutes les coutures et prenait un malin plaisir à disposer de moi comme d'une poupée de chiffon. D'ailleurs, je me sentais toute molle entre ses mains.

Ma respiration s'accélérait. Où voulait-il en venir?

Je fermais les yeux comme pour essayer de deviner ce qu'il avait en tête. Une surprise, m'a-t-il dit...

Le connaissant, je parierai qu'il a fait des folies dans un sex-shop. Quel instrument de torture avait-il donc choisi pour me faire parler, gémir ou plutôt hurler? Une douce chaleur m'envahit déjà. Je n'aurais qu'à me laisser aller. Mais, j'essayais tout de même de deviner quelle était cette surprise. Maxime de son côté me laissait gamberger.

-Dis moi au moins si je suis sur la bonne voie! Est-ce un oeuf vibrant? Un gode rabbit?

-Ah ah! Tu verras bien... ou plutôt non.

Il termina sa phrase tout en me bandant les yeux. 

Je ne pouvais que compter désormais sur mon ouïe. J'entendis que Maxime froissait un papier. Puis, il vint me chevaucher, je sentis alors la pression de ses genoux contre mes hanches. 

Entre mes omoplates, Maxime a déposé un objet dont je ne peux rien dire d'autre si ce n'est qu'il est léger et chaud.
C'est bizarre, il semble que le produit fonde. Un odeur forte mais agréable s'en dégageait.
Avant de passer aux choses sérieuses, il ajouta : 
 
-Alors, elle te plaît ma barre de massage?

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Non ce n'est pas de l'intox, les barres de massage de ce genre existent : cliquez sur le coeur, si vous ne me croyez pas!  
 

10.09.2007

200(7), année érotique 7/7

 

2c690e9346ffb0f08a935f65b300205b.jpgSeptième aveu : LA LUXURE

Last but not least...

3 heures du mat'. Je ne ressens pas la fatigue. Est-ce l'effet de ce mojito qui me grise? Je ne sais pas, mais je me lance :

-Les bars c'est sympa, mais je préfère les bars musicaux. On peut y danser et j'adore danser...

Je vois que son regard brille.

-Et bien allons danser!

Nous arpentons la rue et nous n'y trouvons qu'une seule boîte. Nous nous engouffrons dans cet antre sous-terrain d'où pulse une musique assourdissante. Les vibrations de la musique semblent repousser les fêtards comme des vagues rejetant des naufragés. Mais nous choisissons d'aller à contre-courant et de braver cette marée humaine et sonore.

A l'intérieur, ambiance psychédélique. L'immense lustre fait office de kaléidoscope et il renvoie l'image informe de ces corps qui se trémoussent, s'étreignent, se collent.  

Nous prenons un verre au bar. D'un regard nous balayons la salle. A ce moment-là nous ne nous sommes rien dit, mais nous savions que tout le monde nous regardait. ça ne nous empêchait pas de nous embrasser. Un french kiss goulu, agressif, provocateur sans doute.

Sur la piste, entre deux baisers, nous nous déhanchons en rythme. 

Autour de nous, les hommes sont ébahis, les femmes, médusées.

-C'est vraiment la décadence ici!, lance une jeune femme qui avait tout de la petite bobo qui rentrerait au bercail toute seule.

Nous, nous en rions, nous en jouons, nous en rajoutons. Alors comme ça, ça vous choque deux femmes qui s'embrassent aux yeux de tous? Nous sommes pourtant dans une boîte et non dans une pension pour bonnes soeurs.

A l'issu d'une danse endiablée qui nous laissa en nages, j'ai attrapé le glaçon qui restait dans mon verre pour le glisser dans le corsage de ma cavalière. Je sentis son téton se dresser sous l'effet du froid tandis que sa peau frémissait sous la caresse.

Nous avons dansé encore et encore. Et il y eut même quelques hommes qui osèrent s'approcher de nous.

Un grand black souriant nous encourageait :

-Allez les filles! Vous êtes géniales!

A la stupeur de tous, nous avons accepté son invitation et nous dansions maintenant à trois. 

D'autres mâles intrigués suivirent son exemple et vinrent s'immiscer dans notre tête à tête.

Parmi eux, un groupe de jeunes cadres entre 30 et 40 ans, guindés jusque dans leur obstination à garder leur veste dans une atmosphère suffocante. Ma cavalière s'approche de moi et me murmure à l'oreille ses envies. Elles correspondent justement aux miennes. Je ne sais pas ce qui nous excite le plus. Si ce sont effectivement ces hommes ou le fait qu'ils semblent coincés et que l'idée de les dévergonder nous amuse follement. Toujours est-il que nous nous approchons d'eux. Le sourire aux lèvres. Nous les invitons à danser avec nous. Sans leur donner le temps de réfléchir, nous commençons à danser au milieu du cercle qu'ils formaient. Quelques-uns restent en retrait et nous reluquent de bas en haut et de haut en bas. D'autres tentent un corps à corps. Loin de nous refroidir ou de nous effrayer, ces audaces en appellent d'autres et nous, nous jouons le jeu à fond. Un balancement de reins par-ci, un roulement de hanches par-là et voilà nos jeunes cadres complètement déboussolés. Nous arrivons tout de même à en entraîner deux  -ceux qui semblent les plus décidés à faire une légère infidélité à la petite amie ignorant tout de cette soirée entre hommes- dans un taxi et là, tout s'est enchaîné! Ce sont les femmes qui ont déclenché les hostilités. Nous osons un baiser, une caresse appuyée qui descend de la nuque jusqu'au bas des reins ; devant, notre main s'affaire également. Ces messieurs ont commencé à réagir. Un sursaut de virilité et les voilà en train de faire glisser les bretelles de notre corsage. L'exiguité du lieu ajoute au piquant de la scène. On ne sait plus où donner de la tête. Nos mains s'entrelacent, nos langues se mêlent, nos corps se contorsionnent et semblent vouloir se souder. Tandis que mon partenaire triture mon téton, je cesse d'embrasser ma douce compagne de jeux et je capte au passage le regard obscène du chauffeur de taxi, devenu rouge d'excitation... 

-Regarde la route imbécile!

-Quoi? 

-Regarde la route imbécile!

-Mais Ysé, pourquoi tu cries? 

Je me réveille en sursaut. La voix de Maxime m'enveloppe de sa chaleur :

-Tu as fait un mauvais rêve?

-Non, je ne crois pas...

Il me faut un peu de temps pour émerger et rassembler le souvenir d'un rêve si pregnant il y a quelques secondes à peine. 

-Alors raconte! C'est quoi cette histoire de route? 

Je souris. 

-C'est une longue histoire... Je partais pour une destination inconnue. Et au moment d'embarquer, j'ai embrassé du regard et des lèvres une beauté fatale nommée Luxure.

                                                                     

Ainsi s'achève le cycle des aveux. Sont-ce vraiment des aveux que je vous ai fait? Ils mêlent fiction et réalité. Il vous faut donc les prendre pour ce qu'ils sont : des fantasmes, des envies assouvies ou pas, sans chercher à connaître la part de ce que j'ai pu vivre : vérité en deçà, erreur au-delà.

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