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30.10.2007
Le silence est d'or ?

Pierrot : Pourquoi t'as l'air triste ?
Marianne : Parce que tu m'parles avec tes mots et que moi j'te regarde avec mes sentiments.
Pierrot : Avec toi on peut pas avoir de conversation... T'as jamais d'idées, toujours des sentiments.
Marianne : Mais c'est pas vrai ! Y'a des idées dans les sentiments.
Pierrot : Bon. On va essayer d'avoir une conversation sérieuse. Tu vas me dire c'que tu aimes, c'que tu as envie et la même chose pour moi. Alors vas-y commence !
Marianne : Les fleurs, les animaux... Le bleu du ciel, le bruit d'la musique, je sais pas moi...Tout ! Et toi ?
Marianne : Tu vois, j'avais raison y a quinze ans : tu comprends jamais.
A ce stade là du film, j'ai fait un arrêt sur image pour retrancrire la conversation entre Ferdinand (surnommé Pierrot) et Marianne. Je ne pouvais dès lors pas savoir que ce couple-là était farcesque et que Marianne se moquait éperdument de Ferdinand. Elle en aimait un autre et pourtant elle jouait la comédie de l'amour à son ancien amant. Ce n'est pas pour rien, d'ailleurs, qu'elle refuse tout au long du film à appeler Ferdinand par son vrai prénom. Pierrot, lui sied mieux, c'est un sobriquet aux allures de clown triste...
Pour en revenir à la conversation entre les deux protagonistes, je l'ai trouvée très belle, bien écrite et bien jouée aussi. On y voit au début, une vision désespérée du couple, à moins que ce ne soit des rapports hommes/femmes. Certes, il n'a pas fallu attendre les cinéastes de la Nouvelle vague pour montrer des êtres écorchés, incapables de se comprendre ou de s'entendre. Beckett ne disait pas autre chose dans Oh les beaux jours ! (Happy Days) notamment. Et le dialogue de Ferdinand et Marianne m'a fait penser à une scène du théâtre beckettien. Dans Happy days, Willie, le mari de Winnie, passe tout son temps à dormir, laissant sa femme soliloquer pendant quasiment la totalité de la pièce. Or le seul moment où Willie parle à sa femme -pour la plus grande joie de celle-ci- un quiproquo s'ensuit. Willie intime l'ordre à Winnie de dormir... Dors ! s'exclame-t-il. Or celle-ci, se lance dans une diatribe enflammée à partir des mots qu'elle croit avoir entendus, à savoir "d'or"... D'or, cheveux d'or, s'écrie-t-elle jusqu'au moment où elle se rend compte de sa méprise. Chez Beckett, le langage éloigne donc hommes et femmes, puisqu'ils projettent sur les mots leurs propres fantasmes.
Il y a quelque chose de cet ordre-là dans Pierrot le fou, mais pas seulement. Car si l'on lit ce qui plaît à Marianne et à Ferdinand, l'on s'aperçoit que, même s'ils n'aiment pas les mêmes choses, ils aboutissent à une conclusion presque identique. Marianne aime tout, tandis que Ferdinand aime un tout, ce qui est plus nuancé. Mais l'on peut penser qu'il disent la même chose différemment. Bien sûr, l'on pourrait se demander si dire autrement c'est dire autre chose. Et cela pourrait nous amener du côté de Raymond Queneau, qui, dans ses Exercices de style tente de raconter la même histoire de 99 façons différentes. Or l'on s'aperçoit en le lisant que Queneau ne tient pas son ambitieux pari.
Dans la scène que jouent Jean-Paul Belmondo et Anna Karina, en dépit des mots tus, des mots dits et parfois mal dits, on se plaît à croire que Ferdinand et Marianne aiment la vie, tout simplement.
08:10 Publié dans Réflexions et pensées | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Pierrot le Fou, Godard, Cinéma, Nouvelle vague, Couple, Littérature
27.10.2007
De la débauche et de la volupté

DIDEROT. C’est cela. L’homme est comme une pompe qu’il faut régulièrement vidanger.
MME THERBOUCHE. Comme c’est joliment formulé ! Je me disais que c’était peut-être justement cela, votre infirmité, à vous, les hommes.
DIDEROT. Nous ?
MME THERBOUCHE. Vous n’assouvissez pas vos désirs, vous vous en délivrez. La faiblesse de l’homme vient de ce qu’il éjacule. Nous, femmes, nous faisons preuve d’une vitalité sans fin, nous n’avons rien à perdre dans l’amour, nous sommes… inépuisables.
DIDEROT. Comme vous savez promettre…
MME THERBOUCHE. Vous autres, hommes, vous ne serez toujours que des débauchés, jamais des voluptueux.
DIDEROT. Quelle différence ?
DIDEROT. Vous vous laissez abuser par ce que notre jouissance peut avoir de spectaculaire. Croyez-moi, elle ne se limite pas à ce crachat de gargouille. Il y a l’avant, l’après ; je suis un débauché très voluptueux…
Ce divin marivaudage s’inscrit dans une petite série de réflexions philosophiques à partir d’une pièce de théâtre d’Eric- Emmanuel Schmitt : Le libertin.
Dans la scène 10, Diderot tente de séduire une aventurière qui ne demande qu’à l’être, ce qui est le prétexte pour poser une question d’actualité : Les libertins contemporains ne sont-ils dans leur immense majorité que des débauchés avides de dégorger leur asperge, alors que les libertines seraient toutes des modèles de volupté ?
Plus généralement, ce dialogue évoque la différence entre le désir cérébral et le besoin physiologique. D'aucuns comme Paul Claudel ou Maurice Merleau-Ponty pensaient que le désir atteint son sommet dans la relation sexuelle. En effet, faire l'amour -et les femmes en savent quelque chose- c'est s'ouvrir à l'autre, l'accueillir et partager avec lui un véritable échange. C'est en ce sens que Merleau-Ponty a écrit :"le désir c'est se faire le dedans de son dehors et le dehors de son dedans". Le désir, contrairement à l'envie qui naît d'une jalousie ou d'une frustration, invite à une ouverture sur ce qui n'est pas soi, d'où sa richesse. L'envie, elle, même si le langage courant l'apparente très souvent à du désir, serait plutôt la structure de fond de la pulsion. Et à en croire Freud, la pulsion est une poussée irrépressible en vue de supprimer un état de tension; certes on pourrait y voir une métaphore phallique... Mais est-ce uniquement pour vidanger leur pompe ou se détendre que les hommes font l'amour ?
Si l'on admet donc que l'envie est une pulsion, on considèrera qu'elle correspond à une nécessité, un besoin. Or, le besoin se distingue du désir en ce sens qu'il est éphémère. Un nourrisson repu après avoir tété son biberon en est l'illustration. L'envie n'obéirait donc pas à une logique qui fait sens mais à des besoins naturels (comme se nourrir) ou artificiels (dépenser de l'argent, suivre la mode et la société de consommation par exemple). Ne dit-on pas "une envie passagère", "j'en avais envie", "j'ai envie de toi" et toutes sortes d'expressions marquées par le sceau de l'immédiateté ? Ainsi, la pulsion, contrairement au désir, ne vise d'autre but que celle d'être assouvie et meurt une fois qu'elle est satisfaite, là où le désir ne cesse de se creuser alors même qu'il est ou a été comblé.
A la lecture de la scène 10 du Libertin, l'on se demande donc à travers le débat qui oppose Diderot et Mme Therbouche si les femmes auraient l’apanage du désir, et les hommes celui de l’envie... Est-ce ainsi que l'on peut séparer débauche et volupté ? Ou y'auraient-il des hommes, qui, à l'instar de Diderot seraient des débauchés très voluptueux ?
08:05 Publié dans Réflexions et pensées | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : Le libertin, Eric-Emmanuel Schmitt, Philosophie, Débauche, Volupté, Vagant, Note à quatre mains
24.10.2007
La Belle époque(ue)
Google image nous réserve parfois de drôles de surprises. Aussi n'ai-je pas résisté au plaisir de vous montrer le résultat d'une recherche qui n'avait rien à voir avec le sujet.

Pas besoin de vous faire un dessin et puis vous savez bien que photographie et pornographique ont en commun la racine grecque "graphein" qui signifie écrire, décrire. Or ici, l'image parle d'elle-même.
Certes, ça ne paraît pas sulfureux à l'ère du cybersexe et des vidéos X qui traînent un peu partout sur internet. Mais reconnaissez que la pose de cette femme est pour le moins cavalière. Regardez comme elle a fière allure et avec quelle grâce elle chevauche sa monture ! Si vous faites abstraction des poils sous les aisselles, vous trouverez aussi que cette image avait de quoi exciter les fétichistes amoureux de la cuisse gainée de bas. Le chapeau est plus problématique et, entre nous, je ne sais qu'en penser. Si encore la dame avait la robe et/ou le jupon relevés, l'on pourrait penser à des ébats improvisés en pleine nature. Mais la poseuse est presqu'intégralement nue. Aussi, ce chapeau me semble incongru et l'on dirait de nos jours que c'est le détail qui tue ! Croyez-bien que je ne fais pas la fine bouche et moi qui ai vu l'image dépixellisée, je puis vous dire que la dame n'avait pas misé sur le mauvais cheval...
08:15 Publié dans Réflexions et pensées | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Pornographie, Belle époque, Humour
22.10.2007
Art et Erotisme

Si vos pas vous mènent outre-manche, n'hésitez pas à vous laisser séduire par "l'art et le sexe de l'Antiquité à nos jours", une exposition unique en son genre présente du 12 octobre au 27 janvier au Barbican. Les moins chanceux pourront se contenter du catalogue.
08:00 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Art, Erotisme, Seduced, Exposition, Barbican, Musée, Londres
18.10.2007
Sing Sing Song 2/2
-Mais tu es sûre que c'est bien dans ce bar?
-En tous cas c'est ce qui est écrit dans le Lylo! me répond Violaine.
-Et si on demandait à cette commerçante?
C'était peine perdue. Car cette femme d'origine asiatique nous a rétorqué dans un français impeccable : -je ne comprends pas ce que vous dites.
Nous nous avançons piteusement vers l'entrée de ce bar qui ne paie pas de mine et qui fait face au restaurant chinois.
-C'est ici qu'il y a un concert ?
Le garçon au comptoir acquiesce et ajoute qu'il nous faudra attendre 30 à 45 minutes.
Il n'y aura pas foule, pensons-nous Violaine et moi, alors que nous nous promenons dans le Marais histoire de faire passer le temps. Derrière Beaubourg, nous nous retenons de craquer pour une glace Amorino et devant la BPI, la vue de ces si nombreux SDF nous coupe toute envie de nous offrir ce petit plaisir.
C'est pour rejoindre le bar perdu dans une impasse coupe-gorge que les choses se compliquent. Quand Violaine indique une direction, je sais qu'il vaut mieux prendre son avis à revers. Mais cette tactique hasardeuse ne suffit pas, aussi n'ai-je pas hésité à sortir mon plan de Paris, ce cher livre rouge auquel aucune impasse -fut-elle miteuse- n'échappe. C'est alors qu'une scène surréaliste s'est produite. Les yeux rivés sur le plan, Violaine et moi ne prêtons pas attention à ce qui se passait autour de nous. C'est pourquoi nous avons sursauté quand ils sont arrivés. Nous ne les avons pas entendu avant que l'un d'eux ne claironne :
-Vous aussi vous allez Impasse L*** ?
-Oui on va au concert.
-Nous aussi, on vous accompagne ?
Sans avoir le temps de répondre, Violaine et moi étions désormais escortées par ces deux cyclistes, qui, pour la bonne cause, sont allés pedibus à ladite impasse.
Contrairement à Violaine, je n'aime guère la fraîcheur vespérale et c'est non sans contentement que j'ai poussé la porte du bar.
Le changement d'ambiance radical nous a aussitôt frappé. Il y avait une population hétéroclite, certes, mais chaleureuse et riante, venue, comme nous, savourer autour d'un verre les accents de la musique Klezmer. Le brouhaha ambiant laisse bientôt place à la reine de la soirée : la musique. Une flûtiste, un clarinettiste et un accordéoniste ont plié bagage et nous nous en sommes allés avec eux. Notre voyage nous a conduit jusqu'en l'Europe centrale et en Europe de l'Est, berceaux de cette musique traditionnelle.
Violaine et moi, sourdes aux compliments et aux tentatives de rapprochement de nos indécollables voisins de table, nous nous laissons aller aux inflexions de l'allègre clarinette. Emportées par ces mélodies festives, Violaine et moi ne réprimons pas l'envie que nous avons de danser. Mais l'exiguité des lieux nous autorise seulement à taper des mains.
Entre deux airs, la flûtiste nous explique l'origine de cette musique, à quelle occasion on la joue : mariages, fiançailles, circoncision... Mais Violaine et moi nous découvrons une tendresse particulière pour une musique douce dédiée aux jeunes filles et aux personnes âgées. La musique Klezmer a cette énergie du désespoir, cette joie mâtinée de nostalgie. C'est une mélopée de la condition humaine. Elle contient toutes les joies et les peines.
Je sais que je ne suis pas la seule à ressentir cela. Quand on entend pareille musique, on a l'impression qu'elle nous parle au plus profond de nous, qu'elle a été écrite pour nous et qu'elle s'adresse à tous. Impossible d'avoir ce sentiment d'appartenance à un pays, une nation, la musique nous transporte au-delà des frontières.
Mais la musique si belle soit-elle ne suffit pas. Rien ne vaut un moment que l'on partage. Ce soir, je le vis avec Violaine. J'aime beaucoup Violaine. Elle est engagée, joyeuse de nature et elle connaît toujours les bons plans. Et puis, toutes les deux nous nous entendons vraiment bien. Quand nous discutons politique, je ne sais pas ce qui pourrait nous arrêter et souvent nous pensons les même choses sans avoir besoin de nous les dire. Et comme si elle disait tout haut ce que je pensais tout bas, Violaine dont le regard d'émeraude a quitté les musiciens pour se tourner vers moi, s'est alors écriée:
-Comment peut-on être raciste ou antisémite quand on entend cela ?
Cela nous semblait d'autant plus impossible que dans le cercle qui s'est formé autour des musiciens, le métissage est au rendez-vous ; et Violaine et moi jubilons.
Le coeur léger, nous nous sommes éclipsées. Nos deux chevaliers servants n'auraient pas pu nous suivre. Ils n'avaient pas compris que pour eux qui espéraient draguer sur fond de musique, nous ne pouvions être que des étrangères.
11:40 Publié dans Tranches de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Musique, Klezmer, Bar, Amitié, Joie
13.10.2007
Chronique métropolitaine




11:05 Publié dans Tranches de vie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : A Chaud, Note à la con, Pub, Quand Ysé rencontre BG
07.10.2007
Ce rêve bleu

18:30 Publié dans Tranches de vie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : A chaud, Rugby, Nuit blanche, Nuit magique, Nuit de liesse
05.10.2007
Décalage horaire

A vos marques, prêt, partez!
Ça y est, Robert s'est cramponné à mes seins comme à des prises d'escalade. Il n'y a pas à dire, lui des repères, il en a. Top chrono, le voilà parti. Sur la durée, c'est un marathonien mais sur la fin il ressemble plutôt à un sprinteur. Sauf que lui, il se fout d'arriver le premier, il arrive, tout simplement. Oui il y a toujours ce moment où il se cambre un peu plus, où il se raidit en émettant un cri de bête fauve avant lâcher son sperme au fond du préservatif.
Mais voyez-vous mes bonnes dames, les temps ont changé. Avant l'homme se contentait de tirer son coup et de prendre son pied. Maintenant en plus, ces messieurs veulent tirer l'orgueil de nous faire jouïr.
-Tu as joui ?
À chaque fois, je réponds oui. Pour qu'il me laisse tranquille et qu'il cesse de s'acharner dans mon vagin ou dans mon cul.
Mais depuis quelques temps, je prends mes précautions. Je simule ! La respiration haletante, c'est une chose que je maîtrise bien. Dans ma prime jeunesse, j'ai fait un peu de chant et je vous assure, ça aide. Mais ça ne suffit pas. Robert, il aime aussi mon regard de braise. Alors à la moindre occasion je l'en gratifie. Quand il me prend en levrette, de temps à autres je me retourne pour lui montrer que j'aime ou encore quand je lui prodigue une gâterie dont il est si friand, je lève le regard vers son visage rougeaud d'excitation. Et avec une candeur improbable, je lui fais sentir que sa queue est la huitième merveille du monde. Le plus beau, c'est qu'il y croit ! Quand j'avale, j'achève de le convaincre tout en l'achevant lui-même.
Mais mon Robert, rien ne rassure mieux sa virilité que mes cris de chatte en chaleur. D'abord, j'émets de petits cris, ceux qui supplient, ceux qui réclament, ceux qui en veulent. Robert se prend alors pour un vrai Rocco Sifredi. Il pointe alors son dard dare-dare. Puis, je couine un peu pendant l'acte. Je miaule, je hummmme, je grogne de plaisir.
Arrive le moment où j'en ai marre... Je pousse alors le cri d'alarme :
-Robert, je vais venir ! Oh viens, viens aussi mon lapin !
Et là, histoire de rendre hommage à tous les léporidés de la planète, Robert s'active et me pistonne à grands coups. L'instant fatidique approchant, je me racle la gorge pour arriver à égaler n'importe quelle soprano coloratur. Et je hurle ma jouissance en même temps que mon mâle à bout de souffle, sans plus me soucier que cela des voisins qui tapent contre le mur pour manifester leur mécontentement. Robert a alors juste assez de force pour me souhaiter une bonne nuit. Quant à moi, je vais pouvoir me caresser à mon aise et enfin.... jouïr !
Elle est pas belle la vie ?
(Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite)
Illustration: Joris Van Daele
08:30 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : Humour, Erotisme, Orgasme
03.10.2007
Exclusivement féminin
Ainsi donc les deux font la paire, puisque sans l'avoir prémédité au départ, je me suis retrouvée avec sac et chaussures assorties.

12:55 Publié dans Tranches de vie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Blabla de filles, Shopping, Trouver chaussure à mon pied, Shoes choose chosen








