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30.11.2007

Tableau d'une exposition 2/2

   
    L'étage enfin est dévolu à l'érotisme contemporain. Les classiques tant attendus ne sont finalement pas si bien représentés que cela. Une esquisse érotique de Rodin par-ci, un dessin de Klimt par-là, ainsi que quelques oeuvres de Turner, Schiele, Picasso. Mais l'on attendait nettement plus d'oeuvres de ces maîtres de l'art si chargé d'érotisme. L'on fait cependant quelques découvertes... Les photos de Nobuyoshi Araki sont troublantes de beauté qui rivalise avec l'étrangeté. Son oeuvre en noir et blanc découpe sans concession des fragments de corps ou de fruits et la pureté d'un regard cohabite avec une grenade coupée en deux, sexe carnivore et béant.
 
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Nobuyoshi Araki “Erotos” series, 1993
 
Entre attraction et répulsion, Nobuyoshi Araki flirte avec le sublime d'un corps féminin.
 
 
Dans un autre genre, k r buxey se fait le chantre de l'orgasme féminin célébré avec autant de grâce qu'un requiem...
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  k r buxey, Requiem, 2002. Heather and Tony Podesta Collection, Washington DC © the artist
 
 
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Jeff Koons, Ilona onTop (Rosa background), 1990, Collection particulière, courtesey Galerie Max Hetzler, Berlin.
 
 Le kitsch a trouvé son porte-étendard en la personne de Jeff Koons, tandis que Thomas Ruff, en parfait fumiste, se contente de récupérer des photos pornographiques sur internet pour en changer la résolution. Réduites à des ombres chinoises, les images d'un Rocco Sifredi ou d'un de ses confrères en pleine action deviendraient ainsi de l'art.
    C'est en ayant l'impression de braver un interdit que nous entrons dans la dernière salle, qui, à en croire un panneau d'avertissement, peut heurter la sensibilité du public. Nous voici dans l'univers de la photographe Nan Goldin. Des photographies de couples hétéros et homosexuels sont projetées dans la plus grande solennité du bruit des diapositives qui défilent tandis qu'une musique accompagne l'image. Il s'agit d'un chant de Björk, qui donne à ces photographies prises sur le vif, dans l'intimité et le quotidien des modèles, une dimension tragique, presque sacrée. Nous voyons tout à la fois, des couples au réveil, les traits tirés, des femmes surprises dans la simplicité de leur nudité, deux jeunes hommes sveltes tendrement enlacés, un couple d'étudiants dans un lit ou se caressant dans une baignoire, des couples libres dormant nus avec leur enfant... Aucune question ne nous vient, à moins, celle-ci purement rhétorique : où est le mal ? L'appareil photo ne juge pas, il semble caché dans les recoins du quotidien, un quotidien fait de rires, de sourires, de caresses, de corps plus ou moins beaux, montrés sans complaisance, sans retouches dirait-on, mais qui rayonne parfois. La musique -scandée au rythme des battements d'un coeur donne à l'ensemble une tension dramatique qui touche au tréfonds de l'âme humaine. 

   
  Vous l'aurez compris, cette balade érotique, était loin d'être exhaustive. Sculptures et peintures étaient peu à l'honneur tandis que les manuscrits avaient la part belle. Mais l'effort reste louable car le projet était ambitieux. Nous reste alors à errer du côté de l'exposition sur Eros et l'Enfer qui se tient actuellement à la BnF.
 
L'érotisme dans l'art est un noble sujet, mais j'ai la faiblesse de préférer l'art que l'on met dans l'érotisme que l'on vit, et en ce cas, il n'est pas nécessaire d'aller à Londres pour le trouver. Il suffit de regarder près de soi pour savoir que l'érotisme se loge bien au chaud, le plus souvent, à fleur de peau... 

28.11.2007

Tableau d'une exposition 1/2

    Le Barbican, c'est un musée anglais dont j'avais déjà eu l'occasion de vous parler il y a quelques temps. Je vous avais fait part de mon intérêt pour cette exposition unique en son genre. Ne reculant devant rien, pas même la Manche, j'ai poussé le vice jusqu'à jouer les envoyés spéciaux...
   
    Le visiteur qui, comme moi, connaît mal la topographie londonienne, se rendra d'un pas hésitant vers la Silk Street. Le quartier est désert et seule une pluie battante semble pouvoir l'animer. C'est dans ce bâtiment en béton, prototype d'une architecture des années 1970 qui tente vainement d'approcher l'art de Le Corbusier, que l'on se trouve confiné comme dans un blokhaus. Une fois à l'intérieur, cet espace polyvalent se veut une ode à la culture : théâtre, cinéma, bars, bibliothèque ; bref une sorte de Beaubourg anglais. L'exposition qui nous occupe se situe à l'étage. Qui a dit que l'érotisme n'élevait pas l'esprit et les sens ?
 
    La musique de fond et la muséographie choisies sont nettement moins sexy que ce que le site internet le laissait supposer. Règne une atmosphère grave et pesante où, une fois de plus, Thanatos fait de l'ombre à Eros. Le public, lui aussi, a un air sombre et patibulaire : quelques couples, beaucoup d'hommes et de femmes seuls parcourent l'exposition avec l'air de suspects redoutant d'être arrêtés.
 
    Pour autant, mes yeux, mes sens, et mon esprit sont prêts à jouïr du spectacle de la représentation humaine du désir, de l'amour et autres transports extatiques. Aussi, je ne retiens pas mon émotion devant des fresques pompéiennes et la vue des mini-phallus en cuir ou d'objets du quotidien m'amuse grandement.
 
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Artiste inconnu, Satyre enlaçant une Nymphe, Pompeii. Roman, 45-79 av.J-C, Musée National d'Archéologie, Naples. Photo © Soprintendenza per i beni Archaeologici delle Province di Napoli e Caserta
 
 
  Les positions du Kama-sutra peintes sur manuscrits faisaient parties des attendues. Mais il est toujours plaisant de regarder d'un air sceptique ces torsions dignes des plus grands gymnastes et qui sont attribuées à tous les rajahs, mais également frères, neveux et oncles des souverains indiens. Viennent ensuite, les estampes japonaises dont on ne peut qu'admirer la finesse du dessin, le goût pour la ligne, et le souci du détail. Néanmoins, hormis, Utamaro, maître du genre, tous les autres artistes japonais ont peint des sexes démesurés, représentés avec une minutie qui confine à l'observation clinique. Le moindre poil présent sur les testicules, la forme des sexes féminins est ciselé avec une précision étonnante. Et pourtant, l'acte sexuel revêt un aspect sordide et artificiel, tant les sexes emboîtés sont grossis à l'excès, si bien que certains pénis deviennent une couche de magma informe, chair en fusion qui est tout sauf excitante.

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Kitagawa Utamaro (1753-1806) Book of the laughing drinker (Ehon warai jogo), Volume 2 (image du haut)
Utamakura (Poem of the Pillow), 1788 (image du bas)
British Museum, Londres, Départment Japonais
 
 
Le voyage vers l'Orient se poursuit vers l'Extrême-Orient, la Chine, la Turquie et une de ses représentations osées d'hommes formant une queue leu leu sodomite...
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  Shaykh Muhammad Ibn Mustafa Al-Misri, Tuhfet Ul-Mulk (a traduction turque  de Ruju as-Shaykh ila sibah), 1773, Illustration tirée d'un Manuscrit érotique turc, Collection Alain Kahn-Sriber , Paris © Gilles Berquet
 
 
 
   
    Rien à voir avec les gravures maniéristes du XVIème siècle ou avec les scènes galantes à la Watteau, les odalisques rieuses et voluptueuses de Boucher, les invitations sensuelles lancées par un Fragonard.

  Avec la photographie, nous tombons sur la chair, la vraie, celle de modèles s'exhibant sans complaisance, où la Vénus endormie cotoie la fille de bordel se prêtant à des clichés pornographiques qui, pour être en noir et blanc, s'avèrent loin de paraîre désuets. En m'approchant des photos encadrées, je constatai une fois de plus cet engoûment certain pour les les chapeaux
 
    Autre époque, autre atmosphère dans la salle des années 1950 à 1960, nous sommes plongés dans ce temps moraliste qui vit l'établissement du rapport Kinsey, tandis qu'au mur, des photographies montrent de façon quasi scientifique toutes les pratiques existantes tant pour les hétéros que pour les homosexuels. Bizarrement, l'on retrouve là le même souci scientifique observé plus avant dans les estampes japonaises, sauf que sur le papier calligraphié seuls les sexes vivent ; les visages, eux, demeurent impassibles...
 
   
 
                                                                

Rapport Kinsey : Rapport effectué en 1948 sur le comportement sexuel des Américains.

24.11.2007

Joujoux, bijoux... poux

Dites-moi que je ne suis pas la seule... Un peu de compassion, je vous prie, messieurs dames, allez-y à vot' bon coeur !

Je vis une période IN-FER-NA-LE ! Pas vous ?

Bientôt Noël, les chocolats, le foie gras, les indigestions, les repas de famille interminables, les illuminations et... les Cadeaux ! 

Voilà ce qui m'inquiète, ce qui m'irrite, me chatouille et me gratouille : les cadeaux. Cela dit, je n'ai pas besoin d'attendre Noël pour que ce sujet épineux me trotte dans la tête. Anniversaires, fêtes, simple invitation me renvoient toujours à la même question : amènerai-je, le cadeau, le bon, celui qui fait plaisir, celui qui s'adapte à la personne et à l'occasion ?

Il y a bien quelques recettes. Mais elle se révélent, la plupart du temps, nettement foireuses.

"-Tu n'as qu'à faire ce que tu aimerais qu'on te fasse!", disent les conseilleurs, qui ne seront définitivement jamais, les payeurs !  Et d'une, cette méthode m'emmerde, parce que moi, la plupart du temps on ne me fait pas ce que j'aimerais pour la bonne et simple raison que je suis née quand tout le monde est en vacances et se dore au soleil. Et deuxièmement, est-ce que la prude Mélanie aimerait recevoir un sex-toy hi-tech, est-ce que Violaine aimerait se retrouver avec un nécessaire de maquillage dont elle ne saurait que faire, est-ce qu'Emilie ne serait pas incommodée par un parfum capiteux qui la ferait éternuer ?

Et encore, pour les filles ou les femmes, je me trompe rarement en choisissant un cadeau. Soit parce que je connais les goûts de la personne, soit parce que l'on s'y met à plusieurs pour faire un cadeau inédit et qui, à coup sûr, fera son effet. Et encore, cette règle n'est pas absolue. Je me souviens qu'avec des amies, nous avions failli offrir un sublîme service à thé à Caroline, grande amatrice de ce breuvage. Et, heureusement, que le hasard a joué en notre faveur et que nous nous y sommes prises un peu en retard... Sans cela, elle se serait retrouvée avec deux services, l'un pour emmerder l'autre, à moins qu'elle n'en casse un et auquel cas, elle en aurait eu un en remplacement !

La famille, c'est autre chose. Avec elle, je réussis mon affaire à tous les coups.

Mais je manque cruellement de goût, discernement ou tout simplement d'idées, en ce qui concerne la gent masculine !  Qui a dit que les hommes sont simples ? Une certaine pub pour un fabricant de vêtements pour homme se fait le relais de ce cliché : Les hommes ne demandent pas la lune ! Et si j'avais envie, à défaut de lune, de décrocher les étoiles ?  J'aime penser que le personne pensera un peu à moi en utilisant son cadeau, ou tout au moins, que ce sera pour elle, quelque chose qui dure. Certes, il y a des cadeaux purement contemplatifs : un tableau, un objet de déco ; mais mieux vaut être assuré que ces présents-là ne prendront pas la poussière, ou pire, encombreront un osbcur cagibi, à moins de faire partie du musée des horreurs. Imaginez la visite de la maison ou l'appartement qui se terminerait par ceci :

-"Ah, oui cette chose affreuse, c'est truc qui me l'a offerte pour ma pendaison de crémaillère !" ; et tout cela suivi du rire sonore des invités.

Bon, je caricature, mais parfois, je me dis que je jouis de malchance, et je vous assure que dans ces cas-là, je ne suis pas au bord de l'extase, loin de là !

Offrez un beau pull de laine, bien chaud pour l'hiver, et vous tomberez sur la personne qui est allergique à cette matière ! Offrez un livre encensée par la critique pour que l'ami qui va le lire s'endorme dessus ! Offrez des fleurs ; c'est périssable !

Alors, vous vous réfugiez derrière les intentions, en pensant que l'enfer en est pavé. Et offrez finalement votre plus beau sourire et pourquoi pas quelques baisers pour l'accompagner ? 

 

21.11.2007

Madame Météo

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Pas de tempête à bord du Batofar, mais quelques remous et beaucoup de swing.

Le soleil irradie les vitrines, et les yeux des enfants s'illuminent du côté des grands magasins.

Nuit fraîche mais magique sur le toit des Galeries La Fayette d'où Paris brille de mille feux. 

On nous signale des nuages au-dessus des transports en commun mais des CRS bleus chargeront se chargeront de les dissiper.

Temps morose avec de la grisaille et une épaisse brume pour les sans-logis ; ciel bleu et quelques bulles, celles d'un champagne qui pétille dans le verre des porteurs de fourrure.

Attention aux glissades, il y aura un peu voire beaucoup de gel sur les salaires et sur les capotes made in Elysées.

Toujours une forte dépression dans le métro, gare aux bouffées de chaleur. 

Une fois la bise venue, soyez généreux et faites-en une à ceux qui vous entourent.

Sous la couette chaleur torride : Mars entre en Vénus.

Demain nous fêterons les Cécile (j'en connais un qui va être content) et les étoiles brilleront pour tout le monde.

 

15.11.2007

Instantané

 

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-Tu vas me frustrer. C'est bien aussi. Car moi j'ai joui et pas toi...

J'étais à cheval sur ses cuisses. Les yeux dans les yeux, je branlais sa queue tendue sans me résoudre à le laisser partir sans qu'il ait joui une deuxième fois. Mes caresses appuyées accompagnées de mots langoureux, suaves et chauds, comme en murmure dans l'intimité ont eu raison de sa belle résistance. Et c'est entre mes mains que s'est répandu son sperme onctueux. Cette fois-ci je voyais ses traits transformés par le plaisir et ses lèvres qui s'ouvraient pour laisser s'échapper le cri originel.

De mon côté comment aurais-pu être frustrée ?

A la sortie du restaurant, c'est en pressant le pas que nous allâmes chez moi. Le temps que j'ouvre ma porte, Paul me dévorait de baisers, se collait contre mes reins tout en caressant ma nuque.

Dans la chambre, nos lèvres s'entrechoquèrent, se cherchaient avides de se joindre, se mêler et s'emmêler dans le tourbillon de notre désir.

Je sentais la force de ses étreintes et l'embrasement de nos corps impérieux.

C'est avec tout mon consentement, que Paul me retourna alors. Et à peine fus-je dos à lui qu'il me poussa en direction de la banquette. Sans que j'ai le temps de réagir, je me retrouvai yeux bandés et poings liés, la jupe relevée sur mon cul dénudé dans toute son indécence. J'entendis des zips et des bruits de vêtements qu'on jette à la hâte. Paul était nu et il me fit vite sentir le désir qui enflait entre ses cuisses. Dans le sillon de mes fesses, une grosse queue s'insinuait pour mieux m'exciter.

-Si  ton mari te voyait dans cette position, qu'est-ce qu'il dirait à ton avis ?

-Oh non pas ça!

-Si ! Je vais prendre des photos, je les publierai sur internet et je les enverrai à ta famille.

-Non, pas ça, je vous en prie.... Je ferai tout ce que vous voudrez!

-Tout ?

-Oui, répondis-je faiblement.

-Parfait !

Mes lèvres s'entrouvrirent sur le membre qu'on m'introduisit dans la bouche, et elles suçèrent goulûment ce sexe anonyme, si agréable sous le palais et que cet homme m'enfonçait puissamment. J'essayais tant bien que mal de suivre le rythme qu'il m'imposait, de saliver, de le lécher du mieux que je pouvais, même si c'était sous la contrainte et pourtant qui aurait pu dire que je me forçais? Je regrettais seulement de ne pouvoir me servir de mes mains pour lui montrer l'étendue de mes talents. L'homme maintenant frottait son sexe contre ma bouche, comme il l'aurait fait en se branlant avec un oreiller. Il en grognait de plaisir.

Mais cela ne suffisait pas et il se soucia aussi de mon plaisir. Ses doigts s'en allèrent triturer mon bouton et branler mon anus palpitant.

- Jamais mon mari ne m'a touchée à cet endroit là!

- Ah bon ? Tu veux dire qu'une salope de bourgeoise comme toi ne s'est jamais fait enculer ?

- Non...

-Je vais remédier à ça.... Car ça te plairait, n'est-ce pas petite salope ?

-Oui...

Tout en m'empoignant fermement les seins, mon ravisseur avançait sa queue à l'orée de mon petit trou.

-Oui je vais t'enculer bien profondément mais avant, on va jouer.

Il me retourna, releva mes jambes et me lécha la chatte avidement. De temps à autre, il m'embrassait partageant avec moi le goût de ma mouille.


-Comme tu es mouillée ! ça te plaît, hein ?

-Oui, j'aime cette grosse queue. J'aime ce que vous me faites.

A ce moment-là, Paul masturba mon clitoris du bout de son gland.

-Oh je vais venir, je vais jouir sur ta chatte !

Et je sentis, en effet, cette substance chaude et crémeuse se répandre sur moi comme un baume.

Dans la pièce, cela sentait le sexe et le parfum capiteux de nos désirs. Paul défit mes liens, puis il joignit ses lèvres aux miennes et redevint le tendre amant que j'ai suivi les yeux fermés sur le chemin de la volupté.


                                               

Illustration : Joris Van Daele 

05.11.2007

Invitation au voyage

 
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  Je ne sais si la lecture d'Alexandra David-Neel, de Karen Blixen ou de Kuki Gallmann (auteur de Je rêvais de l'Afrique) contribue à donner au lecteur une vision mythique de l'Afrique et du Tibet. Il est certain que les récits de voyage d'Alexandra David-Neel et de Karen Blixen doivent être remis dans un contexte historique précis et que l'on ne doit jamais perdre de vue, en les lisant, qu'il s'agit d'écrits marqués par le sceau de la subjectivité. Néanmoins, si on les lit encore, c'est parce ces livres, plus ou moins romancés, ont le mérite de nous faire voyager, au mieux, de nous faire rêver ou tout au moins de solliciter notre curiosité.
    C'est d'ailleurs cette même curiosité qui nous pousse à la découverte. Et c'est ainsi que l'on pénètre dans un restaurant qui, en dépit d'un nom aux relents de colonialisme, séduit nos yeux mais déçoit notre palais. Et c'est frustré que l'on en ressort sans avoir attendu le dessert. L'exotisme a aussi ses paradis artificiels et le voyage, ses erzats qu'on tente d'épicer pour en dissimuler la fadeur. 
 
    Certes, ce serait bien beau de courir le monde, mais encore faudrait-il le pouvoir. Alors, pour ma part, je cours les expositions et les musées, je prends des notes et j'ouvre grand mes yeux. Puis, je quitte les salles en ayant l'impression que, pour quelques heures, j'ai été transportée très loin de Paris.
     Si vous êtes pressés ou que vous rechignez à pousser les portes d'un musée, vous pouvez encore parcourir en quelques clics des expositions virtuelles. 
   
    Sur mon carnet de voyage, j'ai griffoné quelques destinations et je me suis promis :
 
 
Pour des embarquements immédiats, se rendre au musée du Quai Branly ou au musée Guimet.
Bon voyage ! 
 
                            

Illlustration : « Servante-esclave. Moguedouchou » • 1882-1883
Georges Révoil (contretype réalisé par Molténi)
Photographie positive sur verre pour projection, 6,8 x 5 cm
© BnF, département des Cartes et Plans, Société de géographie, Sg XEk 79

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