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16.02.2008

Les roses de la vie

    Ce serait à s'y méprendre. Je marche d'un pas rapide, comme souvent, le sourire aux lèvres, et une fleur à la main. Femme en fleur, fleur aux dents, est-ce là l'image qu'ils ont de moi ? En fait, je n'y songe même pas. Je perçois simplement des regards envieux, pétillants ou bien complices... Hommes et femmes se disent que pour serrer ainsi cette rose au creux de ma paume, pour afficher effrontément?, innocemment?, sentimentalement?, ce léger sourire, je ne peux que revenir d'un rendez-vous galant. Je ne fais rien pour les détromper. Et pourtant...
    Et pourtant, l'on a sonné le glas de la Saint-Valentin depuis deux jours (ouf!).   
    Et pourtant, je me suis contentée, après ma séance chez l'esthéticienne de souffrance pour être belle, de piocher dans le bouquet cette rose qui ne serait plus une rose parmi les roses. Je n'ai eu qu'à la sentir, la tenir entre mes doigts, pour qu'elle ait les mêmes vertus qu'une madeleine de Proust. Elle m'a aussitôt renvoyée à toutes les fleurs que j'ai reçues. Du bouquet de violettes fraichement cueillies par ma grand-mère, à ces roses rouges sensuelles, ou encore ce ravissant bouquet de lys roses... Ces trois souvenirs-là sont ceux qui m'ont le plus touchée, parce qu'à chaque fois c'était une attention délicate, parce que je ne m'y attendais pas, parce qu'elles étaient plus que des fleurs, parce que je leur donnais encore plus de valeur.
 
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    Ma vie ces derniers-temps ressemblait pas mal aussi à une rose mais il serait trop long de vous décrire ce que renfermait chaque pétale. Le plus simple c'est encore de s'envoyer des fleurs, métaphoriques ou réelles, on les prend toujours avec plaisir quand on sait d'où elles viennent, et elles ne sont pas si périssables à condition qu'on s'en souvienne.
 
 
[Photo réalisée par moi-même rien que pour vous, avec effet de flou que je n'aurais pas mieux fait si j'avais vraiment voulu le faire.]