25.05.2007
Quand j'étais guitariste, par Un mot

La foule des blondinets géants aux yeux bleus était survoltée. C’était bien plus par sympathie pour notre enthousiasme d’amateurs - il n’y a que notre batteur qui était imbattable- que pour notre performance musicale très inégale et surtout fort bruyante. De retour en coulisses, un canon scandinave me sauta autour du cou. Elle m’entraîna dans les sous-bois derrière le podium. « I’m from Sweden where the girls decide ! ». Toujours sous euphorie des décibels et tout en sueur, j’étais en extase devant cette déesse si belle: « Do you know me ? ». Et elle de me surprendre avec notre propre répertoire : « Cum’on JIMMY, want to take you DEEP inside before I GO HOME. Want you to SEE ME, FEEL ME, TOUCH ME and then fuck me LIKE A ROLLING STONE!”. Trois jours plus tard, je rentrais dans mon pays, la tête toujours derrière le podium.
Il y a quelques mois, mon fils aîné rentra à la maison au petit matin. Après avoir rangé sa guitare, il vint m’embrasser avec un sourire inhabituel – il a toujours un regard souriant. Je lui sors « Alors, ton concert était super, elle était belle et tu es devenu un homme… »
« -Dad, comment tu sais ??? »
Il se vérifie une fois de plus que certaines passions se transmettent soit de père en fils soit par contagion.
08:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Guest, Un mot, Première fois, Musique, Interaction, Courrier des lecteurs, Rock'n roll
23.05.2007
Il est un air...
Il est un air qui ne vaut certes pas tout Mozart, tout Rossini ou tout Weber, mais qui pour moi a des charmes secrets. Cet air est lié à des souvenirs. Telle la femme inconnue de Verlaine, cet air-là n'est jamais le même et pourtant, à chaque fois, j'aime. Il a le goût sucré des confitures de grand-mère, l'insouciance de mon enfance, la fraîcheur d'un éclat de rire ou le parfum musqué d'une peau d'homme...
Proust ne dit pas autre chose quand il évoque la sonate de Venteuil. "Elle passait légère, apaisante et murmurée comme un parfum". On pourrait croire qu'il s'agit d'une femme, mais non, le sujet et bel et bien la sonate, la musique donc, qui ainsi est humanisée. J'aime beaucoup chez Proust ce mélange, cet échange entre l'ordorat et l'ouïe. Le poète avait compris, bien avant les scientifiques, que nous sommes fondamentalement des êtres synesthésiques et que sans que nous en soyons toujours conscients, nos sens communiquent. Allez à un spectacle au bras d'un homme ou d'une femme dont le parfum vous plait particulièrement, vous ne jouirez que mieux de ce qui se joue sur scène. Mais retrouvez-vous à côté d'une personne âgée (je dis ça au hasard) qui s'est aspergée d'une eau de Cologne infecte et cela vous incommodera et gâchera votre soirée.
Mais ce qui m'intéresse surtout c'est la correspondance entre nos sens. Or, la musique est presque toujours chez moi un élément déclencheur, une machine à remonter le temps. Non, ce n'est pas quand j'entends un slow-love que je repense à mes émois d'adolescente. En fait, c'est plutôt à des périodes de ma vie que sont associées telles ou telles mélodies, symphonies... Il faut dire que je fonctionne par périodes. A certains moments, j'ai plutôt envie d'écouter du classique, à tels autres, de la variété.
Ce que j'aime dans la musique c'est qu'elle se donne à nous. Pas besoin d'en décortiquer le sens. Certes, les musiciens en apprécient bien plus que moi, pauvre profane, les aspects techniques. Mais au final, la musique nous parle, nous bouleverse, parle à nos sens ou pas. Pour ma part, j'y suis très sensible, ce d'autant que je la charge de sens en la liant à mon vécu, mon intimité, mes pensées secrètes. On pourrait me rétorquer que la musique a un sens, les opéras notamment ont une histoire. Seulement je ne parle ni l'allemand, ni l'italien. Et s'il me plaît à moi de rêvasser sur du Grieg en oubliant les trolls qui poursuivent Peer Gynt? Mais, promis, un jour ou l'autre, je comblerai mes lacunes en matière d'opéra et je connaîtrai Aïda et Le Trouvère aussi intimement que s'il s'agissait de ma soeur ou mon frère.

J'ai pu remarquer aussi que dès que quelqu'un vient chez moi, il tripote mes bouquins, mais il ne peut s'empêcher de jeter un coup d'oeil aux cds alignés sur l'étagère. Pour les uns, il y a beaucoup de musique classique. Pour d'autres, je suis plus rock'n roll qu'ils ne le pensaient et la présence de certains artistes les intrigue. "Quoi, tu connais ça?" Et là je ne peux m'empêcher de penser que l'on connaît les motets du XVème siècle, alors quel mérite à connaître des groupes qui se produisaient il y a 20 ou 30 ans? Peut-être est-ce parce qu'on est dans un monde où la logique commerciale a vite fait d'enterrer les légendes du passé. Tout ça m'incite à penser qu'on devrait toujours connaître les goûts musicaux d'un homme avant de coucher avec lui, car après tout c'est tout aussi révélateur que sa préférence pour les slips, les caleçons ou les boxers, non?
Bref, en musique j'ai des goûts très variés. A part le rap, j'écoute un peu de tout, exception faite de ce qui se fait à l'heure actuelle à une ou deux exceptions près. Pour danser, c'est autre chose. Je suis capable de danser sur de la techno ou tout un tas de musiques au tempo répétitif qui misent tout sur les basses... Facile quoi! Mais chez moi, je ne supporte pas ça plus de cinq minutes.
Malgré mes humeurs, qui peuvent aller de ça en passant par ici sans oublier de repasser par là, il ne se passe pas une journée sans que j'ai ma dose de musique. Le matin au réveil, le soir, à midi... Dès que je peux, je tourne le bouton de la radio.
Vous l'aurez compris, la musique a une place importante dans ma vie. C'est un peu la carte-mémoire de ce que je vis, une façon d'évacuer les tensions et de jouïr de ce que j'entends.
Désormais, un jour sans musique m'est devenu impossible, à moins que je ne veuille devenir neurasthénique.
Récemment, j'ai même joué de la guitare en duo. C'était de l'improvisation totale, mais ceci est une autre histoire..
Et vous, qu'est-ce qui vous fait vibrer? Un de mes lecteurs aimeraient-ils que je publie ici son rapport particulier à une musique, un air, une chanson, qui pour lui seul a des charmes secrets?
16:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Musique, Art, Proust, Poésie
15.03.2007
Le cas Glenn Gould
"L'objectif de l'art n'est pas le déclenchement d'une sécrétion momentanée d'adrénaline, mais la construction progressive, sur la durée d'une vie entière, d'un état d'émerveillement et de sérénité."(Glenn Gould en 1962, tiré de "Glenn Gould – Ein Leben in Bildern", Nicolai Verlag 2002, Berlin)
Glenn Gould (1932-1982), je pense que vous le savez, est un pianiste canadien dont la renommée n'est plus à faire. Je n'apprendrai rien à ceux qui suivent de près l'actualité musicale classique et qui se sont peut-être déjà procurés Glenn Gould joue Bach
Aujourd'hui en effet, l'enfant terrible du piano qui a révolutionné la manière de jouer Bach notamment, est devenu un "classique" incontournable qu'il convient d'aimer pour être à la page.
Outre son jeu d'une technique étonnante qui lui valut l'admiration des critiques et de ses contemporains, Glenn Gould c'est aussi un personnage. Ce fils d'une professeur de piano, avait manifesté très tôt ses dons musicaux. Il avait "l'oreille absolue" et dès l'âge de cinq ans, il s'était mis à la composition. J'ai d'ailleurs parfois l'impression que le domaine musical est un terreau fertile pour les génies en herbe... A 20 ans, sa renommée était déjà d'envergure internationale, même si Glenn allait connaître l'apogée de son succès dans les années 1960. Et c'est là que la personnalité de Gould fit sensation. En 1964, il renonçait totalement aux concerts pour se consacrer à des enregistrements dans ses studios, sans abandonner pour autant ses autres centres d'intérêt. Glenn Gould était aussi journaliste, réalisateur et auteur de pièces radiophoniques. Mais derrière le mythe du musicien brillant dont on ne peut que saluer le talent, se trouvait un homme particulier, profondément misanthrope et névrosé. Les anecdotes ne manquent pas à ce sujet, mais si elles ne sont pas essentielles pour apprécier ou non son oeuvre, elles demeurent révélatrices de la personnalité de l'individu. L'on sait notamment que Gould plongeait ses mains jusqu'aux coudes dans de l'eau chaude, vingt minutes durant, avant de jouer, qu'il avait besoin de deux grandes bouteilles d'eau minérale, de cinq sortes de pilules différentes avec les indications. Autre particularité, Glenn Gould joua constamment sur un siège minuscule conçu par son père qui, à sa demande, en avait scié les pieds. Mais ce qui me gêne le plus quand j'entends Gould c'est, outre le grincement de sa chaise, le chantonnement qu'il émettait en jouant. Le pianiste adorait freudonner ce qu'il était en train d'interpréter, et cela au mépris de ses auditeurs. Je n'ai su cette particularité que récemment. Et depuis, quand une oeuvre passe à la radio et que c'est Gould au piano, je ne peux m'empêcher d'entendre ses lallations, alors que par ailleurs, j'aime beaucoup sa façon de jouer, la coloration de ses notes, sa finesse interprétative.
Ainsi donc, le cas Glenn Gould me laisse mitigée. Si je suis fascinée par sa virtuosité, j'ai des réserves sur sa personnalité, et plus encore, sur son accompagnement vocal perturbant.
Glenn Gould, je l'écoute donc, non sans plaisir, mais tout de même, avec modération.
Pour en savoir plus, allez donc vous promener du côté de :
13:50 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Art, Musique
04.02.2007
Pink Floyd : j'adooooooore!
Un bel hommage rendu aux Pink Floyd et qui donne un aperçu de leur magnifique album Wish You Were Here.
Si vous voulez vous plonger dans leur univers psychédélique et surtout planant, n'hésitez pas à écouter :
le célébrissime morceau The Wall
Us and them (une de mes chansons préférées)
01:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Musique








