19.05.2007

Lacrimosa

 

Deux fois déjà... 

On ne s'y attend pas. ça vous prend sans prévenir, ça vous prend comme une mer aurait dit Baudelaire... Une mer déchaînée! 

Pourtant, les journaux n'en parleront pas. C'est une catastrophe naturelle qui ne fait pas recette. Il n'y eut pas de mort, il n'y eut pas de sang, ni même une once de souffrance.

Seulement, quand la terre tremble et que vous ressentez ce séisme dans votre chair, tout devient différent et l'on ne peut y demeurer indifférent(e).  

C'est violent, un peu, c'est troublant, surtout...

Une secousse, un séisme, un je-ne-sais-quoi qui vous emporte loin. Et vous échouez sur un nouveau rivage après le grand naufrage. Vous réalisez alors que vous êtes un rescapé et comme un rescapé vous savourez la joie d'être vivant, le bonheur de goûter la vie... autrement. 

Entre stupeur et tremblements, je laissais la pluie mouiller mon visage. Elle avait un goût d'eau de mer mais elle n'avait rien d'amer. Une, puis deux, puis je ne compte plus les larmes. Elles tracent un sillon sur mon visage. Mes yeux brillent d'un autre éclat. J'aimerais m'arrêter, mais je ne peux pas... C'est trop fort, trop fort pour moi. Comme si on me retournait les entrailles!  Et pendant que sa queue pénétrait toujours plus loin, en moi, à l'intérieur, mes digues se rompaient à la surface. 

Deux orgasmes fulgurants, foudroyants.

Sur mes joues, le trop plein de l'extase, l'ode à la joie. Je lui offre malgré moi le spectacle troublant d'une femme qui pleure en jouissant. Une sortie de soi sans douleur ni peine.

Après la rosée, vient l'arc-en-ciel. L'horizon est dégagé. Ciel, azur, sans nulle souillure.

Sur mon front, un baiser déposé. Et soudain, le calme, la douceur, la volupté.

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