19.06.2007

Les douces moeurs

 
En général, ça arrive sans prévenir. Bien sûr, vous vous y attendiez, mais ça vous tombe dessus et, au passage, ça vous égratigne un peu.
Pourquoi? Mais pourquoi je prends les choses à coeur? Pourquoi je suis sensible? Pourquoi ne suis-je pas cette wonder cartésienne dépourvue de tout affect?
Vous ne savez pas, n'est-ce pas? Je vous rassure, moi non plus. Toujours est-il que c'est ainsi.Nous n'y pouvons rien.
 
Et oui, parfois notre corps se laisse aller. On a beau essayer de le stopper dans son élan, de lui dire : "ça suffit maintenant!". Rien à faire...
 
Pleurez, hurlez, tapez des pieds, cognez les murs (aïe!), dansez, chantez! Il faut évacuer.
 
Loin de moi toute pensée masochiste, mais la souffrance aussi se doit d'être exprimée. 
 
Bien sûr, on aimerait ne rien laisser paraître, sauver les apparences et ne surtout pas montrer à quel point on est faible.
 
Pourtant, quand au bout du téléphone on entend une voix amie, ça va beaucoup mieux. Alors on se laisse aller, on pose la tête sur l'épaule qui s'offre si généreusement à nous. On s'y déverse, on y pleure, on s'y réfugie, on s'y reconstruit. Cette épaule n'est pas forcément la même, mais qu'elle soit solide ou frêle, elle est là.  Ces épaules sont d'une douceur incomparable. Comment ne pas s'attendrir au contact de cette peau? Comment ne pas reposer en toute quiétude au creux de ce nid si douillet?
Songez aussi qu'il y a des épaules plus immatérielles. Oui, je le reconnais, j'ai pleuré dans le giron de Beethoven. Ou plutôt non, je me suis consolée avec lui. Plus qu'une épaule, il m'a ouvert ses bras. 
Impossible alors de se sentir seul(e).
 
Mes amis, vos épaules adoucissent les humeurs et les moeurs.