15.12.2007

Cul-ture

    Me voilà prête à partir en week-end, loin de Paris... Aussi n'ai-je pas le temps de vous livrer une note excessivement longue. Quelques notes attendent bien au chaud, mais ce sera pour plus tard.
    Aujourd'hui, j'aimerais vous faire découvrir des vidéos amusantes. La culture du cul, cela a souvent le mérite de divertir, plaire ou faire rire. Et, de la blague gauloise à la réflexion coquine, ça se propage, ça se répand dans notre entourage. C'est d'ailleurs une amie qui m'a montrée ces vidéos que je me propose ici de vous faire partager. Amis de la poésie et de la musique, ces clips sont pour vous.
Just enjoy !
 
 
 
 
 
 

18.10.2007

Sing Sing Song 2/2

-Mais tu es sûre que c'est bien dans ce bar?

-En tous cas c'est ce qui est écrit dans le Lylo! me répond Violaine.

-Et si on demandait à cette commerçante? 

C'était peine perdue. Car cette femme d'origine asiatique nous a rétorqué dans un français impeccable : -je ne comprends pas ce que vous dites.

Nous nous avançons piteusement vers l'entrée de ce bar qui ne paie pas de mine et qui fait face au restaurant chinois.

-C'est ici qu'il y a un concert ?

Le garçon au comptoir acquiesce et ajoute qu'il nous faudra attendre 30 à 45 minutes. 

Il n'y aura pas foule, pensons-nous Violaine et moi, alors que nous nous promenons dans le Marais histoire de faire passer le temps. Derrière Beaubourg, nous nous retenons de craquer pour une glace Amorino et devant la BPI, la vue de ces si nombreux SDF nous coupe toute envie de nous offrir ce petit plaisir.

  

    C'est pour rejoindre le bar perdu dans une impasse coupe-gorge que les choses se compliquent. Quand Violaine indique une direction, je sais qu'il vaut mieux prendre son avis à revers. Mais cette tactique hasardeuse ne suffit pas, aussi n'ai-je pas hésité à sortir mon plan de Paris, ce cher livre rouge auquel aucune impasse -fut-elle miteuse- n'échappe. C'est alors qu'une scène surréaliste s'est produite. Les yeux rivés sur le plan, Violaine et moi ne prêtons pas attention à ce qui se passait autour de nous. C'est pourquoi nous avons sursauté quand ils sont arrivés. Nous ne les avons pas entendu avant que l'un d'eux ne claironne :

-Vous aussi vous allez Impasse L*** ?

-Oui on va au concert.

-Nous aussi, on vous accompagne ?

Sans avoir le temps de répondre, Violaine et moi étions désormais escortées par ces deux cyclistes, qui, pour la bonne cause, sont allés pedibus à ladite impasse.

    Contrairement à Violaine, je n'aime guère la fraîcheur vespérale et c'est non sans contentement que j'ai poussé la porte du bar.

    Le changement d'ambiance radical nous a aussitôt frappé. Il y avait une population hétéroclite, certes, mais chaleureuse et riante, venue, comme nous, savourer autour d'un verre les accents de la musique Klezmer. Le brouhaha ambiant laisse bientôt place à la reine de la soirée : la musique. Une flûtiste, un clarinettiste et un accordéoniste ont plié bagage et nous nous en sommes allés avec eux. Notre voyage nous a conduit jusqu'en l'Europe centrale et en Europe de l'Est, berceaux de cette musique traditionnelle.

    Violaine et moi, sourdes aux compliments et aux tentatives de rapprochement de nos indécollables voisins de table, nous nous laissons aller aux inflexions de l'allègre clarinette. Emportées par ces mélodies festives, Violaine et moi ne réprimons pas l'envie que nous avons de danser. Mais l'exiguité des lieux nous autorise seulement à taper des mains.

    Entre deux airs, la flûtiste nous explique l'origine de cette musique, à quelle occasion on la joue : mariages, fiançailles, circoncision... Mais Violaine et moi nous découvrons une tendresse particulière pour une musique douce dédiée aux jeunes filles et aux personnes âgées. La musique Klezmer a cette énergie du désespoir, cette joie mâtinée de nostalgie. C'est une mélopée de la condition humaine. Elle contient toutes les joies et les peines.

    Je sais que je ne suis pas la seule à ressentir cela. Quand on entend pareille musique, on a l'impression qu'elle nous parle au plus profond de nous, qu'elle a été écrite pour nous et qu'elle s'adresse à tous. Impossible d'avoir ce sentiment d'appartenance à un pays, une nation, la musique nous transporte au-delà des frontières.

   Mais la musique si belle soit-elle ne suffit pas. Rien ne vaut un moment que l'on partage. Ce soir, je le vis avec Violaine. J'aime beaucoup Violaine. Elle est engagée, joyeuse de nature et elle connaît toujours les bons plans. Et puis, toutes les deux nous nous entendons vraiment bien. Quand nous discutons politique, je ne sais pas ce qui pourrait nous arrêter et souvent nous pensons les même choses sans avoir besoin de nous les dire. Et comme si elle disait tout haut ce que je pensais tout bas, Violaine dont le regard d'émeraude a quitté les musiciens pour se tourner vers moi, s'est alors écriée:

    -Comment peut-on être raciste ou antisémite quand on entend cela ?

 Cela nous semblait d'autant plus impossible que dans le cercle qui s'est formé autour des musiciens, le métissage est au rendez-vous ; et Violaine et moi jubilons.

Le coeur léger, nous nous sommes éclipsées. Nos deux chevaliers servants n'auraient pas pu nous suivre. Ils n'avaient pas compris que pour eux qui espéraient draguer sur fond de musique, nous ne pouvions être que des étrangères.

30.09.2007

Sing sing song 1/2

 
Mai 2006, gare de Montpellier... Le bordel, comme souvent. Un problème de train, une heure d'attente. Pas de Ter.
Sur le quai, j'ai rencontré une amie. Nous étions ravies de nous retrouver. Le temps passerait plus vite en discutant. Une annonce brouille notre conversation, le TGV n° **** va entrer en gare voie 1. Pressées de profiter de notre week-end et de ne pas nous éterniser à Montpellier, nous parcourons le quai à la recherche d'un contrôleur. Vu les circonstances il nous autorise à prendre ce TGV. Et, pour couper court à ce que penseraient tout bas les mauvaises langues, il a aussi fait cette faveur à des quinquagénaires ventripotents avec la même amabilité. 
Aurélie et moi, nous nous installâmes dans le salon. Cet espace juste derrière la locomotive où la police s'installe parfois avec un détenu. Assises face à face sur les fauteuils rouge, nous fûmes vite rejointes par deux pères de famille. Quand le train s'est mis en branle, deux jeunes gens ont ouvert la porte. 
-ça vous dérange si l'on joue de la musique?
Il émanait de ce jeune homme avec sourire et guitare en bandouilière une sérénité et une gentillesse qui inspirent immédiatement la sympathie.
-Seulement si vous jouez bien, lance l'un des deux hommes, gagné lui aussi par le sourire communicatif du guitariste.
 
Le jeune homme se mit alors à gratter sa guitare cabossée et il en sortit un son acoustique doux et chaud qui se mariait admirablement bien avec la voix de la jeune femme qui l'accompagnait. Ils formaient un très beau couple tous les deux. Et, ce n'était qu'une impression peut-être, mais rarement je n'avais senti chez des gens autant de simplicité. Ce n'étaient ni des bobos qui sillonnent le monde en jouant les rebelles, ni des originaux vagabonds et asociaux. C'étaient tout simplement des artistes, des gens qui n'en vivront jamais mais qui vivent pour leur art. 
Bien vite, tous les six, nous sentons que quelque chose nous unit. Aurélie se pencha à mon oreille et me souffla : "Ils jouent bien". Et elle connaît son affaire Aurélie, cela fait des années qu'elle joue du piano. Moi je me contentais d'écouter et d'apprécier l'instant, dans une totale méconnaissance du solfège et des aspects techniques de cet art. Ici, la beauté se suffisait à elle-même.
 
Le jeune homme enchaînait son répertoire avec aisance. Et la fille suivait. Sa voix m'a touchée par sa pureté et sa force, qui n'était pas sans me faire penser à Irène Papas et ses sublimes odes... Pourtant, ce que j'entendais était nouveau. Et mon oreille, surchargée par la monotonie des programmes qui s'enchainent sur les ondes hertziennes, jouissait enfin d'entendre autre chose. Et, tous autant que nous étions, cette autre chose nous plaisait. La jeune femme dont je ne saurai vous dire l'origine, nous gratifia même de chansons traditionnelles de chez elle, qu'elle avait apprises à son compagnon. 
Mais cet échange n'aurait pas été complet si nous aussi, les spectateurs, nous n'avions pas chanté.
-A vous maintenant!
 
Nous vinrent à l'esprit ces chansons que connaissent par coeur les gamins qui partent en colo. Et c'est donc tout naturellement que nous avons entonné la Maison bleue de Maxime Forestier.
D'une chanson l'autre, nous voici enfin plongés en plein Sud-Ouest, terre natale des deux hommes qui chantaient avec nous. Or, les connaissances musicales du jeune homme s'étendaient à ces chants que beaucoup d'entre-nous ignorent.
 
Je ne saurais peut-être pas reconnaître ces deux musiciens dans la rue, même si leur charme m'a séduite. Mais, ce sont des personnes qui ne sortent pas de votre vie comme ils y sont entrés. Ils laissent, en partant, la chaleur, d'un souvenir, une petite, mais tenace, étincelle de joie.
J'ai revu Aurélie depuis, et nous avons eu l'occasion d'évoquer ce moment-là. C'était comme si nous étions dans une bulle, me dit-elle. Oui, comme dans un bon bain plein de bulles et dont on ressort calme et léger.
Cette beauté-là est comparable à la sonate de Venteuil qui semblait à Proust "murmurée comme un parfum"... D'ailleurs, ce souvenir imprègne encore ma mémoire comme la note basse d'un parfum ambré.
 

05.07.2007

Mes yeux pour pleurer

J'avais tout prévu. D'abord, j'ai commencé plus tôt mon travail. Il n'y avait que la femme de ménage et moi pour nous lever si tôt. Mais après les huit heures "réglementaires", c'est moi qui ai pu partir avant tout le monde. J'ai même pu profiter du soleil avant que mon taxi particulier ne vienne me récupérer. Quitte à passer pour un coeur de pierre, j'avoue que je n'avais d'yeux que pour les monuments de la ville. Cette superbe fontaine due au ciseau d'un grand maître, le charme de cette église faussement romane, les squares aménagés par les gloires locales... Mais au fond, je n'étais plus vraiment dans cette ville et mes pensées se plaisaient à gambader vers tout autre chose. Je pensais à la douce soirée que je me promettais de passer. La nuit, la ville a un tout autre visage. Et si je n'aime pas tout ce qui brille, j'ai tout de même un faible pour les lumières des réverbères, même si elles ne rivaliseront jamais avec l'éclat des étoiles. Mais ce soir, j'en aurai des étoiles plein les yeux!
Alors pour ne pas manquer le rendez-vous, j'ai mis un peu de fard sur les paupières, à l'habituuuuuude. Je ne détaillerai pas le soin et le plaisir que prend une femme quand elle sort. Mais quoi qu'il en soit, quand on fait des efforts, on est plus ou moins content de soi. On se sent mieux et pour peu que l'on ait une forte propension à rêver, on se laisse entraîner par tout ce qui est susceptible de vous prendre par la main. Cette menote c'était celle du paysage, de la musique de mon auto-radio.
Arrivée sur les lieux du crime, rien n'aurait pu m'enlever ma bonne humeur. Ni l'odeur des chichis bon marché qui baignaient dans leur huile, ni la sono techno assourdissante, ni même les plans d'urbanisme imbéciles de la municipalité... Ah, il y aurait bien l'incivisme des chauffards... Mais ce soir, je choisis de les ignorer.
Je marchais donc pleine d'allant, pleine d'élan. Quand, je ne sais plus pourquoi ni comment, j'ai posé le regard sur ces panneaux ridicules qui affichaient dans le style le plus lapidaire qui soit : "Le spectacle de ce soir est annulé. Pour le remboursement adressez-vous à la billeterie rue des M***".
Et là, je vous assure que si parfois on en rit, quand on ça nous arrive on ne souhaite à personne (mis à part peut-être Sarkozy) de connaître le syndrôme de Pérette. Le pot au lait gisait à terre et ça me faisait vraiment mal que le lait se gaspille. Adieu ma belle soirée sous les étoiles avec pour partenaire un immense chef à la tête d'un des plus beaux orchestres de France. Il n'y aura pas non plus ce solo de violon que j'aime tant...
Le chef serait-il souffrant? Si c'était le cas, il aurait été remplacé...
Non, c'est tout simplement une question de lieu. La ville n'a pas fait grande presse à cet événement. Alors la location de la salle ne devait pas être assez rentable. La culture, pour certains, se résume à faire pousser des tomates dans les champs ou des billets dans les portes-monnaies. 
Moralité : fuir comme la peste, les villes qui ne possèdent pas d'orchestre symphonique. 
Certes, il n'y a pas que le public qui soit amer. Mais comment espérer faire venir les grands noms de la musique dans une ville qui les a déçus?
Sur le chemin du retour, Placido Domingo me console de sa furtiva lagrima... Mais si elle furtive, cette larme n'en est pas moins sincère car parfois l'on sait d'avance qu'il n'y aura pas de prochaine fois.
 
 
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27.05.2007

Peut-être

 
Peut-être...  Je vous propose le décryptage de cet adverbe que les femmes emploient si souvent. Je ne vais pas en faire une analyse sérieuse ou rigoureusement scientifique. Ce que je vous propose c'est une étude dans l'esprit des livres parus dans les éditions Marabout. A ce propos, je lis actuellement Les hommes préfèrent les garces -ce sera l'objet d'une future note.
Mais revenons à l'expression qui nous intéresse : "peut-être". Ce qui nous frappe c'est l'ambiguité de cet adverbe qui exprime aussi bien le doute, l'incertitude, que la probabilité, la possibilité. Et c'est ce jeu sur la polysémie de ce mot qui permet de se tirer d'une situation délicate par une pirouette verbale. Car un "peut-être" peut être interprétré différement par l'émetteur et le récepteur. On ne saurait ainsi pas loin du dialogue de sourd, mais en tous les cas, cela donne souvent lieu à des quiproquos.
Ce qui est appréciable dans le peut-être c'est son ouverture sur le champ des possibles, et surtout la variabilité de cette ouverture.
Pour en saisir les nuances, rien ne vaut les exemples en situation. On peut établir une typologie sommaire du sens d'un "peut-être".


Le peut-être comme échappatoire.
 
-Oh vient s'il te plaît, tu verras ce sera bien.
Pas convaincue, vous sirotez votre monaco et pour ne pas blesser votre interlocuteur vous lancez un évasif peut-être, espérant ainsi que l'on vous fichera la paix à l'avenir. C'est le peut-être évasif qui n'engage à rien et qui vous fait gagner à tous les coups. L'on ne pourra rien vous reprocher, vous n'avez fait aucune promesse, vous avez dit peut-être, ce qui vous laisse libre d'accepter ou de refuser à termes...
 
 
Le peut-être séducteur.
 
Vous quittez un homme à l'issu d'une agréable soirée et il vous lance en vous fixant intensément : 
-Nous reverrons-nous?
-Peut-être...
Ce peut-être là ne doit pas être trop mystérieux. Aussi, pour bien faire, il faut l'agrémenter d'un regard pétillant pour ne pas décourager votre soupirant. C'est le peut-être coquet, celui des femmes qui ne savent pas ou n'osent pas dire oui.
 
 
Le peut-être de la déception qui ne dit pas son nom.
 
-Ce n'est pas ta faute tu es adorable. Mais on n'avait pas les même envies...
-Peut-être...
Là c'est le peut-être du doute, de l'aigreur aussi. Ce peut-être qui signifie : "c'est cela oui". Selon le degré de déception, il peut d'ailleurs être prononcé sur un ton morne et triste ou sur celui, plus expressif encore qui flirte avec la colère.
 
 
Le peut-être taquin
 
-ça te plairait? Imaginez que l'on vous dit ça sur un ton enjoué voire excité, car l'idée plaît énormément à votre interlocuteur et vous le savez.
Si vous le gratifiez d'un peut-être, celui-ci doit être accompagné d'un grand sourire ou d'un regard malicieux ou les deux, c'est encore mieux. Ce peut-être là est celui des coquins, celui de la complicité aussi.
 
J'avoue que le peut-être, j'en ai usé, plus ou moins sciemment. J'aime bien le peut-être, il évite de se mettre la pression par rapport à l'autre. Il permet de se sentir libre, de prendre la vie comme elle vient, de ménager une part d'imprévu.
Combien de fois me suis-je laissée surprendre par un peut-être? Je doutais, je ne savais pas. Et j'ai fait des rencontres, j'ai donné un baiser, j'ai vécu intensément des moments insolites, improvisés.
 
Et si tout commençait par là?
 
Peut-être c'est un peu tout et rien à la fois ; ça me convient assez moi qui parle d'un peu de tout et parfois de moi. Le peut-être  c'est frais, c'est léger, idéal  pour l'été. Vous devriez l'essayer...
 
Que sera, sera,
What will be, will be...
 

 
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25.05.2007

Quand j'étais guitariste, par Un mot

 
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J’étais guitariste amateur à mes heures dans le rock’n roll band de mon collège anglish. Un soir pendant les grandes vacances, nous partagions l’affiche d’un festival pop amateur près de Lillehammer en Norvège. J’avais dix-sept ans. Le sida n’avait pas encore été inventé. Je n’oublierai jamais LA SUITE PRECISE des morceaux avec lesquels nous attaquions, non sans appréhension, les jeunes Vikings: « Purple Haze » (JIMMY Hendrix), « Smoke on the water » (DEEP Purple), « I GO HOME » (Ten Years After), « SEE ME, FEEL ME, TOUCH ME » (The Who) et «LIKE A ROLLING STONE» (Bob Dylan).

La foule des blondinets géants aux yeux bleus était survoltée. C’était bien plus par sympathie pour notre enthousiasme d’amateurs - il n’y a que notre batteur qui était imbattable- que pour notre performance musicale très inégale et surtout fort bruyante. De retour en coulisses, un canon scandinave me sauta autour du cou. Elle m’entraîna dans les sous-bois derrière le podium. « I’m from Sweden where the girls decide ! ». Toujours sous euphorie des décibels et tout en sueur, j’étais en extase devant cette déesse si belle: « Do you know me ? ». Et elle de me surprendre avec notre propre répertoire : « Cum’on JIMMY, want to take you DEEP inside before I GO HOME.  Want you to SEE ME, FEEL ME, TOUCH ME and then fuck me LIKE A ROLLING STONE!”. Trois jours plus tard, je rentrais dans mon pays, la tête toujours derrière le podium.

Il y a quelques mois, mon fils aîné rentra à la maison au petit matin. Après avoir rangé sa guitare, il vint m’embrasser avec un sourire inhabituel – il a toujours un regard souriant. Je lui sors « Alors, ton concert était super, elle était belle et tu es devenu un homme… »
« -Dad, comment tu sais ??? »

Il se vérifie une fois de plus que certaines passions se transmettent soit de père en fils soit par contagion.
 
 
 
Un mot  passant en chantant

23.05.2007

Il est un air...

 

Il est un air qui ne vaut certes pas tout Mozart, tout Rossini ou tout Weber, mais qui pour moi a des charmes secrets. Cet air est lié à des souvenirs. Telle la femme inconnue de Verlaine, cet air-là n'est jamais le même et pourtant, à chaque fois, j'aime.  Il a le goût sucré des confitures de grand-mère, l'insouciance de mon enfance, la fraîcheur d'un éclat de rire ou le parfum musqué d'une peau d'homme... 

Proust ne dit pas autre chose quand il évoque la sonate de Venteuil. "Elle passait légère, apaisante et murmurée comme un parfum". On pourrait croire qu'il s'agit d'une femme, mais non, le sujet et bel et bien la sonate, la musique donc, qui ainsi est humanisée. J'aime beaucoup chez Proust ce mélange, cet échange entre l'ordorat et l'ouïe. Le poète avait compris, bien avant les scientifiques, que nous sommes fondamentalement des êtres synesthésiques et que sans que nous en soyons toujours conscients, nos sens communiquent. Allez à un spectacle au bras d'un homme ou d'une femme dont le parfum vous plait particulièrement, vous ne jouirez que mieux de ce qui se joue sur scène. Mais retrouvez-vous à côté d'une personne âgée (je dis ça au hasard) qui s'est aspergée d'une eau de Cologne infecte et cela vous incommodera et gâchera votre soirée.

Mais ce qui m'intéresse surtout c'est la correspondance entre nos sens. Or, la musique est presque toujours chez moi un élément déclencheur, une machine à remonter le temps. Non, ce n'est pas quand j'entends un slow-love que je repense à mes émois d'adolescente. En fait, c'est plutôt à des périodes de ma vie que sont associées telles ou telles mélodies, symphonies...  Il faut dire que je fonctionne par périodes. A certains moments, j'ai plutôt envie d'écouter du classique, à tels autres, de la variété.

Ce que j'aime dans la musique c'est qu'elle se donne à nous. Pas besoin d'en décortiquer le sens. Certes, les musiciens en apprécient bien plus que moi, pauvre profane, les aspects techniques. Mais au final, la musique nous parle, nous bouleverse, parle à nos sens ou pas. Pour ma part, j'y suis très sensible, ce d'autant que je la charge de sens en la liant à mon vécu, mon intimité, mes pensées secrètes. On pourrait me rétorquer que la musique a un sens, les opéras notamment ont une histoire. Seulement je ne parle ni l'allemand, ni l'italien. Et s'il me plaît à moi de rêvasser sur du Grieg en oubliant les trolls qui poursuivent Peer Gynt? Mais, promis, un jour ou l'autre, je comblerai mes lacunes en matière d'opéra et je connaîtrai Aïda et Le Trouvère aussi intimement que s'il s'agissait de ma soeur ou mon frère.

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J'ai pu remarquer aussi que dès que quelqu'un vient chez moi, il tripote mes bouquins, mais il ne peut s'empêcher de jeter un coup d'oeil aux cds alignés sur l'étagère. Pour les uns, il y a beaucoup de musique classique. Pour d'autres, je suis plus rock'n roll qu'ils ne le pensaient et la présence de certains artistes les intrigue. "Quoi, tu connais ça?"  Et là je ne peux m'empêcher de penser que l'on connaît les motets du XVème siècle, alors quel mérite à connaître des groupes qui se produisaient il y a 20 ou 30 ans? Peut-être est-ce parce qu'on est dans un monde où la logique commerciale a vite fait d'enterrer les légendes du passé. Tout ça m'incite à penser qu'on devrait toujours connaître les goûts musicaux d'un homme avant de coucher avec lui, car après tout c'est tout aussi révélateur que sa préférence pour les slips, les caleçons ou les boxers, non?

Bref, en musique j'ai des goûts très variés. A part le rap, j'écoute un peu de tout, exception faite de ce qui se fait à l'heure actuelle à une ou deux exceptions près. Pour danser, c'est autre chose. Je suis capable de danser sur de la techno ou tout un tas de musiques au tempo répétitif qui misent tout sur les basses... Facile quoi! Mais chez moi, je ne supporte pas ça plus de cinq minutes. 

Malgré mes humeurs, qui peuvent aller de ça en passant par ici sans oublier de repasser par , il ne se passe pas une journée sans que j'ai ma dose de musique. Le matin au réveil, le soir, à midi... Dès que je peux, je tourne le bouton de la radio. 

Vous l'aurez compris, la musique a une place importante dans ma vie. C'est un peu la carte-mémoire de ce que je vis, une façon d'évacuer les tensions et de jouïr de ce que j'entends.

Bien évidemment, un telle relation a pris du temps. La musique a fait partie de mon éducation, ou plutôt elle l'a accompagnée. Car papa ne jouait pas du piano pour accompagner ma mère et sa voix de soprano. Non, ça ne se passait pas ainsi. En revanche, on avait une sorte de rituel. Les week-ends en famille, pendant les repas, il y avait toujours quelqu'un qui se levait pour mettre un brin de musique. Et c'est de là que j'ai nourri une tendresse particulière pour les disque vinyles qui grincent. J'ai eu cette chance de connaître la musique avec des êtres chers, de ceux qui vous en parlent avec le coeur. Je n'ai pas toujours tout aimé. J'ai parfois mis du temps à apprécier les dissonances d'une Gnossienne, la gravité d'une symphonie mahlerienne, et toutes ces mélodies que je me suis faites miennes.

Désormais, un jour sans musique m'est devenu impossible, à moins que je ne veuille devenir neurasthénique.

Récemment, j'ai même joué de la guitare en duo. C'était de l'improvisation totale, mais ceci est une autre histoire..

 

Et vous, qu'est-ce qui vous fait vibrer? Un de mes lecteurs aimeraient-ils que je publie ici son rapport particulier à une musique, un air, une chanson, qui pour lui seul a des charmes secrets?

15.03.2007

Le cas Glenn Gould

medium_gould.jpg"L'objectif de l'art n'est pas le déclenchement d'une sécrétion momentanée d'adrénaline, mais la construction progressive, sur la durée d'une vie entière, d'un état d'émerveillement et de sérénité."
(Glenn Gould en 1962, tiré de "Glenn Gould – Ein Leben in Bildern", Nicolai Verlag 2002, Berlin)

 

Glenn Gould (1932-1982), je pense que vous le savez, est un pianiste canadien dont la renommée n'est plus à faire. Je n'apprendrai rien à ceux qui suivent de près l'actualité musicale classique et qui se sont peut-être déjà procurés Glenn Gould joue Bach

Aujourd'hui en effet, l'enfant terrible du piano qui a révolutionné la manière de jouer Bach notamment, est devenu un "classique" incontournable qu'il convient d'aimer pour être à la page.

 

Outre son jeu d'une technique étonnante qui lui valut l'admiration des critiques et de ses contemporains, Glenn Gould c'est aussi un personnage. Ce fils d'une professeur de piano, avait manifesté très tôt ses dons musicaux. Il avait "l'oreille absolue" et dès l'âge de cinq ans, il s'était mis à la composition. J'ai d'ailleurs parfois l'impression que le domaine musical est un terreau fertile pour les génies en herbe... A 20 ans, sa renommée était déjà d'envergure internationale, même si Glenn allait connaître l'apogée de son succès dans les années 1960. Et c'est là que la personnalité de Gould fit sensation. En 1964, il renonçait totalement aux concerts pour se consacrer à des enregistrements dans ses studios, sans abandonner pour autant ses autres centres d'intérêt. Glenn Gould était aussi journaliste, réalisateur et auteur de pièces radiophoniques. Mais derrière le mythe du musicien brillant dont on ne peut que saluer le talent, se trouvait un homme particulier, profondément misanthrope et névrosé. Les anecdotes ne manquent pas à ce sujet, mais si elles ne sont pas essentielles pour apprécier ou non son oeuvre, elles demeurent révélatrices de la personnalité de l'individu. L'on sait notamment que Gould plongeait ses mains jusqu'aux coudes dans de l'eau chaude, vingt minutes durant, avant de jouer, qu'il avait besoin de deux grandes bouteilles d'eau minérale, de cinq sortes de pilules différentes avec les indications. Autre particularité, Glenn Gould joua constamment sur un siège minuscule conçu par son père qui, à sa demande, en avait scié les pieds. Mais ce qui me gêne le plus quand j'entends Gould c'est, outre le grincement de sa chaise, le chantonnement qu'il émettait en jouant. Le pianiste adorait freudonner ce qu'il était en train d'interpréter, et cela au mépris de ses auditeurs. Je n'ai su cette particularité que récemment. Et depuis, quand une oeuvre passe à la radio et que c'est Gould au piano, je ne peux m'empêcher d'entendre ses lallations, alors que par ailleurs, j'aime beaucoup sa façon de jouer, la coloration de ses notes, sa finesse interprétative.

Ainsi donc, le cas Glenn Gould me laisse mitigée. Si je suis fascinée par sa virtuosité, j'ai des réserves sur sa personnalité, et plus encore, sur son accompagnement vocal perturbant.

Glenn Gould, je l'écoute donc, non sans plaisir, mais tout de même, avec modération. 

                             

Pour en savoir plus, allez donc vous promener du côté de :

son site officiel

 l'hommage que lui a rendu Arte

Gould jouant Bach

Gould et les Variations Goldberg

04.02.2007

Pink Floyd : j'adooooooore!

Un bel hommage rendu aux Pink Floyd  et qui donne un aperçu de leur magnifique album Wish You Were Here.

 Si vous voulez vous plonger dans leur univers psychédélique et surtout planant, n'hésitez pas à écouter :

High Hopes

Confortably Numb 

le célébrissime morceau The Wall 

Us and them (une de mes chansons préférées)

 

 

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