30.03.2008
Prête-moi ta rime...

14:36 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poésie, réécriture, erotisme, art, photographie
23.05.2007
Il est un air...
Il est un air qui ne vaut certes pas tout Mozart, tout Rossini ou tout Weber, mais qui pour moi a des charmes secrets. Cet air est lié à des souvenirs. Telle la femme inconnue de Verlaine, cet air-là n'est jamais le même et pourtant, à chaque fois, j'aime. Il a le goût sucré des confitures de grand-mère, l'insouciance de mon enfance, la fraîcheur d'un éclat de rire ou le parfum musqué d'une peau d'homme...
Proust ne dit pas autre chose quand il évoque la sonate de Venteuil. "Elle passait légère, apaisante et murmurée comme un parfum". On pourrait croire qu'il s'agit d'une femme, mais non, le sujet et bel et bien la sonate, la musique donc, qui ainsi est humanisée. J'aime beaucoup chez Proust ce mélange, cet échange entre l'ordorat et l'ouïe. Le poète avait compris, bien avant les scientifiques, que nous sommes fondamentalement des êtres synesthésiques et que sans que nous en soyons toujours conscients, nos sens communiquent. Allez à un spectacle au bras d'un homme ou d'une femme dont le parfum vous plait particulièrement, vous ne jouirez que mieux de ce qui se joue sur scène. Mais retrouvez-vous à côté d'une personne âgée (je dis ça au hasard) qui s'est aspergée d'une eau de Cologne infecte et cela vous incommodera et gâchera votre soirée.
Mais ce qui m'intéresse surtout c'est la correspondance entre nos sens. Or, la musique est presque toujours chez moi un élément déclencheur, une machine à remonter le temps. Non, ce n'est pas quand j'entends un slow-love que je repense à mes émois d'adolescente. En fait, c'est plutôt à des périodes de ma vie que sont associées telles ou telles mélodies, symphonies... Il faut dire que je fonctionne par périodes. A certains moments, j'ai plutôt envie d'écouter du classique, à tels autres, de la variété.
Ce que j'aime dans la musique c'est qu'elle se donne à nous. Pas besoin d'en décortiquer le sens. Certes, les musiciens en apprécient bien plus que moi, pauvre profane, les aspects techniques. Mais au final, la musique nous parle, nous bouleverse, parle à nos sens ou pas. Pour ma part, j'y suis très sensible, ce d'autant que je la charge de sens en la liant à mon vécu, mon intimité, mes pensées secrètes. On pourrait me rétorquer que la musique a un sens, les opéras notamment ont une histoire. Seulement je ne parle ni l'allemand, ni l'italien. Et s'il me plaît à moi de rêvasser sur du Grieg en oubliant les trolls qui poursuivent Peer Gynt? Mais, promis, un jour ou l'autre, je comblerai mes lacunes en matière d'opéra et je connaîtrai Aïda et Le Trouvère aussi intimement que s'il s'agissait de ma soeur ou mon frère.

J'ai pu remarquer aussi que dès que quelqu'un vient chez moi, il tripote mes bouquins, mais il ne peut s'empêcher de jeter un coup d'oeil aux cds alignés sur l'étagère. Pour les uns, il y a beaucoup de musique classique. Pour d'autres, je suis plus rock'n roll qu'ils ne le pensaient et la présence de certains artistes les intrigue. "Quoi, tu connais ça?" Et là je ne peux m'empêcher de penser que l'on connaît les motets du XVème siècle, alors quel mérite à connaître des groupes qui se produisaient il y a 20 ou 30 ans? Peut-être est-ce parce qu'on est dans un monde où la logique commerciale a vite fait d'enterrer les légendes du passé. Tout ça m'incite à penser qu'on devrait toujours connaître les goûts musicaux d'un homme avant de coucher avec lui, car après tout c'est tout aussi révélateur que sa préférence pour les slips, les caleçons ou les boxers, non?
Bref, en musique j'ai des goûts très variés. A part le rap, j'écoute un peu de tout, exception faite de ce qui se fait à l'heure actuelle à une ou deux exceptions près. Pour danser, c'est autre chose. Je suis capable de danser sur de la techno ou tout un tas de musiques au tempo répétitif qui misent tout sur les basses... Facile quoi! Mais chez moi, je ne supporte pas ça plus de cinq minutes.
Malgré mes humeurs, qui peuvent aller de ça en passant par ici sans oublier de repasser par là, il ne se passe pas une journée sans que j'ai ma dose de musique. Le matin au réveil, le soir, à midi... Dès que je peux, je tourne le bouton de la radio.
Vous l'aurez compris, la musique a une place importante dans ma vie. C'est un peu la carte-mémoire de ce que je vis, une façon d'évacuer les tensions et de jouïr de ce que j'entends.
Désormais, un jour sans musique m'est devenu impossible, à moins que je ne veuille devenir neurasthénique.
Récemment, j'ai même joué de la guitare en duo. C'était de l'improvisation totale, mais ceci est une autre histoire..
Et vous, qu'est-ce qui vous fait vibrer? Un de mes lecteurs aimeraient-ils que je publie ici son rapport particulier à une musique, un air, une chanson, qui pour lui seul a des charmes secrets?
16:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Musique, Art, Proust, Poésie
19.04.2007
Blason de la belle verge
Ecrit par : vagant | 26.02.2007
Suite à une note sur les blasons du beau et du laid tétin (remember), je devais relever le défi de faire ce type d'exercice de style sur le thème de l'organe le plus représentatif du mâle en rut, heu, je veux dire de la gent masculine. Comme promis, puisque je ne dis pas toujours ce que je fais, mais que je fais toujours ce que je dis, le blason de la belle verge, le voici sous vos yeux ébahis (mouais la direction est sceptique)... Malgré le retard, ce texte est là pour vous rappelez que la verge est un fruit qui se savoure à toute saison. A moins que vous ne préfériez lire son contre-blason : La laide verge, tournée en dérision par Sapheere.
(Et toi Vagant, tu te lances? ;-) )
De la belle verge
Partie charnue logée bien bas,
Telle une colline en contrebas,
L'on caresse du bout des doigts,
La belle verge des sous-bois.
Verge large ou verge fine,
Jamais la taille de la pine
Ne fit hampe à une autre plus belle.
Parfois pourtant elle se rebelle,
Mais les dentelles l'apprivoisent,
La belle verge est si grivoise,
Qu'elle réclame sans frein
Ses luxurieuses faims.
Belle verge de mes amours
Qui sillonne et qui laboure,
Qui sans cesse va et vient
Au creux du lit, entre mes reins.
La verge sortie de sa cage,
A qui l'on montre le pas sage
Est encore bien plus jolie
Quand on lui offre un abri.
Moi je l'aime de bien des façons
La verge cachée par le caleçon,
Ce vit au repos sous un pantalon
Qu'on brûle de rendre dur et long,
Qui sait parfois prendre de la hauteur,
Douce verge de mes langueurs,
Qui m'inspire plus d'une tendresse
Quand elle réagit aux caresses.
Phallus mignon à la peau douce
Jamais désir de toi ne s'émousse.
Verge qui me plaît à tous moments
Délice de mon palais gourmand,
De ton gland j'enrobe la cerise,
Distillant ta liqueur exquise,
Tendre friandise!

08:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Erotisme
06.03.2007
Baisons-nous!
Sonnet, Charles Cros
En corsage clair, que les seins rebelles
Gonflent. Vent d’été, vent des fleurs, doux rêve
Caresse un tissu qu’un beau sein soulève.
Dans les bois, les champs, corolles, ombelles
Entourent la femme ; en haut, les querelles
Des oiseaux, dont la romance est trop brève,
Tombent dans l’air chaud. Un moment de trêve.
Et l’épine rose a des odeurs vagues,
La rose de mai tombe de sa tige,
Tout frémit dans l’air, chant d’un doux vertige.
Quittez votre robe et mettez des bagues ;
Et montrez vos seins, éternel prodige.
Baisons-nous, avant que mon sang se fige.

07:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Erotisme
26.02.2007
Blasons : adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré.
DU BEAU TETIN, Clément Marot
Tétin refait, plus blanc qu’un œuf,
Tétin de satin blanc tout neuf,
Tétin qui fais honte à la rose,
Tétin plus beau que nulle chose ;
Tétin dur, non pas Tétin, voire,
Mais petite boule d’ivoire,
Au milieu duquel est assise
Une fraise, ou une cerise,
Que nul ne voit, ne touche aussi,
Mais je gage qu’il est ainsi.
Tétin donc au petit bout rouge,
Tétin qui jamais ne se bouge,
Soit pour venir, soit pour aller,
Soit pour courir, soit pour baller.
Tétin gauche, Tétin mignon,
Toujours loin de son compagnon,
Tétin qui portes témoignage
Du demeurant du personnage.
Quand on te voit, il vient à maints
Une envie dedans les mains
De te tâter, de te tenir ;
Mais il se faut bien contenir
D’en approcher, bon gré ma vie,
Car il viendrait une autre envie.
Ô Tétin ni grand ni petit,
Tétin mûr, Tétin, d’appétit,
Tétin qui nuit et jour criez :
« Mariez moi, tôt mariez ! »
Tétin qui t’enfles, et repousses
Ton gorgerin de deux bons pouces,
À bon droit heureux on dira
Celui qui de lait t’emplira,
Faisant d’un Tétin de pucelle
Tétin de femme entière et belle.

Tetin flac, tetin de drapeau,
Grand' Tetine, longue Tetasse,
Tetin, dois-je dire bezasse ?
Tetin au grand vilain bout noir,
Comme celuy d'un entonnoir,
Tetin, qui brimballe à tous coups
Sans estre esbranlé, ne secoux,
Bien se peult vanter, qui te taste
D'avoir mys la main à la paste.
Tetin grillé, Tetin pendant,
Tetin flestry, Tetin rendant
Vilaine bourbe au lieu de laict,
Le Diable te feit bien si laid :
Tetin pour trippe reputé,
Tetin, ce cuydé-je, emprunté,
Ou desrobé en quelcque sorte
De quelque vieille Chievre morte.
Tetin propre pour en Enfer
Nourrir l'enfant de Lucifer :
Tetin boyau long d'une gaule,
Tetasse à jeter sur l'epaule
Pour faire (tout bien compassé)
Ung chapperon du temps passé ;
Quand on te voyt, il vient à maints
Une envye dedans les mains
De te prendre avec des gants doubles
Pour en donner cinq ou six couples
De soufflets sur le nez de celle
Qui te cache sous son aisselle.
Va, grand vilain Tetin puant,
Tu fourniroys bien en suant
De civettes et de parfums
Pour faire cent mille deffunctz.
Tetin de laydeur despiteuse,
Tetin, dont Nature est honteuse,
Tetin des vilains le plus brave,
Tetin, dont le bout tousjours bave,
Tetin faict de poix et de glus :
Bren ma plume, n'en parlez plus,
Laissez-le là, veintre sainct George,
Vous me feriez rendre ma gorge.
08:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Fantaisie
14.02.2007
Fulgurance
Rien ne lui échappait
Son oeil scrutait, épiait.
Des cheveux libres comme des chevaux sans bride
Un cou gracile, souple. On y déposerait bien un baiser
L'oeil pétille
La bouche, vermeille, brille!
La gorge qui palpite
Et pourtant elle n'abrite...
Que deux petits seins!
Ce corps si bon, si plein
Qui laisse rêveur au petit matin
Ses lignes douces,
Une invite, une secousse
Tout flambe, embrase
La lumière rase
Ses contours de liane
Ode sensuelle
Onde charnelle
Comme une fragance sucrée
Délicatement posée
Sur une peau de femme
Mieux qu'un désir, une envie,
Le mouvement même de la vie
Et tandis que jaillit la flamme
Qui anime cette âme
Il le sait
Il se tait
C'est si beau, si intense
Une femme qui danse...
00:05 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
02.02.2007
La première fois
La première fois... ![]()
Ce sont d'abord ses mains qui vont me déshabiller,
Des mots doux et tendres pour me rassurer.
Puis nos corps qui vont s'embraser,
Nos haleines se mêler, nos regards se croiser.
Corps qui se frôlent
Silencieuse découverte,
Merveille et bonheur du toucher,
J'en ai tellement envie.
Et lui aussi, il est si dur,
Je le sens contre moi,
Il m'aide à dessiner son corps,
Mes doigts, ma bouche partent à l'aventure.
Sa peau je la déguste,
M'enivrant de son parfum.
Des frissons, des murmures,
Des effleurements de moins en moins timides.
Tous deux nus!
Notre découverte se poursuit...
Nous avons des trésors,
Faits pour s'accorder...
Richesse de nos sens,
Secrets de mon corps enfin dévoilés...
Rondeur de ma hanche, douceur de ma poitrine,
Il m'apprend le solfège de l'amour charnel,
Il est si sensuel
Il boit à ma source,
Je m'abreuve à la sienne,
Nous sommes deux calices
Emplis d'un nectar divin.
Eveil, désir...
Halètements,
Gémissements,
Caresses brûlantes,
Etreintes sans fin...
Tout cela est exquis
C'est si nouveau, inouï...
Et soudain, la blessure,
Cette ineffable déchirure.
Aimer fait mal,
Mais le plaisir est si fort,
Que les coups de l'aimant
Arrachent sans effort
Des cris de jouissance,
Avec tendresse et puissance.
Le miel et le lait coulent d'abondance
Et vient l'ultime délivrance!
Qui fait trembler les âmes et palpiter les corps...
Au fond c'est un peu à chaque fois
La toute première fois....
09:10 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Fantaisie
27.01.2007
Doux vertige

Des perles de plaisir nacrées affleurent de la chair rosie et tendre,
La conque de Vénus attend un visiteur.
La jeune fille joue avec les pétales de l'orchidée rouge,
Ses doigts s'affairent sur les nymphes entrebâillées.
Des lèvres vermeilles titillées avec ardeur,
S'échappent peu à peu une enivrante liqueur .
La bouche de la demoiselle soupire d'aise,
Tandis qu'une main vient lutiner ses roses tétons.
Volupté du moment où la chair s'amollit,
Exquise douceur quand la femme gémit.
La jeune femme aux seins nus,
Et à la peau d'albatre,
Languit!
Son corps a la fièvre,
Son amant vit en elle.
Quand les caresses de la belle portent leur fruit,
La femme sent tout contre elle,
Un corps d'homme viril et empressé!
On ne saurait distinguer dans ses liaisons charnelles,
Qui est le mâle et qui est la femelle.
A la lueur d'une chandelle,
L'amour unit deux désirs qui s'appellent.
10:45 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Erotisme, Poésie








