09.03.2007

Alter Ego (10)

Il obtient même de moi, ce string maculé de mouille, "au goût de luxure", selon sa formule, et qui freinait l’avancée de ses doigts inquisiteurs.

La voiture stoppe devant chez moi... Déjà... Les heures s’égrènent si vite quand on goûte l’ivresse de la volupté. Je me suis sentie si libre, si bien...

Sans nos ceintures, nos mouvements sont plus amples. J’ai très envie d’une chose... Refaire le saut que j’ai réalisé derrière l’horloge de l’ancienne gare.

Je bascule en arrière pour m’allonger sur les cuisses du conducteur. Étonné mais ravi, il met toute sa douceur et sa sensualité dans ce que nous savons être, le dernier baiser de cette délicieuse et inoubliable journée.

Pantelante de désir, les cuisses encore imprégnées des mains chaudes et viriles qui les ont étreintes, les lèvres rassasiées de souvenirs sensuels, je rentre chez moi, tourne le bouton d la radio et d’un commun accord avec Souchon : je chante un baiser, je chante un baiser osé sur mes lèvres déposées....

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07.03.2007

Alter Ego (9)

medium_thierryArdouin.jpgÀ ces délices, nous décidons d’ajouter les plaisirs de la table. Sous un soleil automnal enclin aux changements, nous traversons le pont de Solférino ; traversée entrecoupée de doux moments complices. Nos langues se croisent avec autant d’adresse que le fer des escrimeurs.

C’est désormais au jardin des tuileries d’accueillir ce couple qui se bécote sur un banc public. Mon sein droit est torturé avec art par Vagant qui se délecte de mes soupirs. Notre excitation est à fleur de peau, et la moiteur de mon entrecuisse ne peut laisser croire le contraire.

Dans cet état compromettant, nous avons poussé la porte d’une brasserie. Sans se préoccuper des autres clients, Vagant glisse sa main au creux de mes cuisses, tirant sur la ficelle de mon string qui ne parvenait plus à contenir mes lèvres épanouies.

Fiévreuse de désir, je m’avance vers lui. Nos lèvres s’entrechoquent.

-Toi aussi tu embrasses bien... Tu es vorace, me confie-t-il.

Après qu’une rougeur soit passée sur mes joues, mes prunelles pétillent du plaisir que je recevais à être ainsi masturbée. À l’habileté des caresses de mon vis-à-vis, se joignent les regards brûlants, les mots sensuels, les baisers troublants. Émoustillée par cette fête des sens, je ne voulais pas être en reste. Ma main part donc en quête de la bosse qui déformait ostensiblement son pantalon. Malgré l’incommodité de ma position due à l’ergonomie de la table, je parviens tant bien que mal à le caresser. Vagant imagine même la posture que nous prendrions s’il n’y avait personne dans la brasserie.

-Tu serais dos à moi, sur la table, face à cette glace qui nous renverrait l’image de notre plaisir. Je te lécherais puis te prendrais ainsi. Ça te plairait? Ça t’excite hein?

-Oh ouiiii, ce serait bon!

Agacée par un voyeur qui depuis le bar a dû se demander ce qui se passait sous notre table, j’ai arrêté là mes caresses.

Dans la voiture qui me ramenait chez moi, chaque feu rouge est prétexte unir nos lèvres et nous offrir à l’irrésistible envie que nous avons l’un pour l’autre.

À suivre...
   

                                         

Illustration : Thierry Ardouin     

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05.03.2007

Alter Ego (8)

C’est avec une folle envie de nous étreindre que nous poursuivons la visite. Les salles impressionnistes ont été les tacites témoins de nos enlacements, étreintes et baisers toujours plus osés...
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Désormais il ne s’agit plus de feindre de visiter le musée, mais d’en chercher les coins les plus intimes. Malheureusement, il y a toujours une caméra ou un visiteur au regard hagard pour assister au spectacle de nos élans presque indécents. Il en faudrait peu pour que ces élans soient des ébats. Avec un naturel remarquable Vagant me parle de l’envie qu’il a de pénétrer ma petite chatte alors que dos à lui je peux ressentir toute la force de son désir. Je laisse ses doigts s’aventurer sur mon corps et penche légèrement mon cou pour que sa bouche le dévore de baisers. Arrivés au restaurant du musée nous transgressons la défense qui est faite aux visiteurs de manger et de boire en dehors de ce lieu spécialement conçu pour la restauration. En effet, nos bouches s’abreuvent mutuellement. Cédant toujours plus de terrain à mon doux envahisseur, je laisse ses mains pétrir, sans obstacles, la rondeur de mes fesses.

À suivre...

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01.03.2007

Alter Ego (6)

Quand "Jean Jacques", puisqu’il persiste à se faire appeler ainsi, me propose de visiter le musée avec lui, je m’empresse d’accepter. Ainsi donc nous errons dans les salles consacrées à l'Art Nouveau, remarquant les courbes capricieuses de ce lit en forme de fleur ou de ce canapé ondoyant comme le corps d'une femme.
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Pour autant, je n'ai pas perdu de vue l'objet réel de ma visite. Des kyrielles d'idées se bousculent dans ma tête. Et puis je sens auprès de moi le corps de Jean-qui-m'-suit. Alors, je l’emmène derrière l’horloge du musée... pour voir le mécanisme ; pouvais-je trouver plus noble prétexte? 

Je savais fort bien, à dire vrai, que nous serions tranquilles derrière le couloir vitré. Il est d’ailleurs amusant de noter le sentiment d’isolation que l’on a quand on s’y trouve, alors même que ces grandes verrières ne sauraient vous dissimuler du regard des visiteurs sillonnant le musée. De là, nous allions dominer le musée. Qu'en serait-il de notre désir...
 
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27.02.2007

Alter Ego (5)

- Jean-Jacques, répondit-il après avoir hésité un instant.

Ça me fait penser à Rousseau et je trouve que cela ne lui va pas. Non, l'homme qui se tient face à moi a un regard pétillant d'intelligence, mais sa bouche est si sensuelle...

Nous causons donc, je dirais même nous badinons, sauf qu’à ce moment là je n’en étais pas consciente car je ne savais pas à qui j’avais affaire. J’en venais tout de même à faire le bilan :

- C’est étrange, lui dis-je : l’homme de mon rendez-vous doit avoir votre âge, n’est jamais venu dans ce musée et vous avez les mêmes yeux que lui, la même couleur. Seriez-vous joueur aussi?

- Oui je le suis un peu, me confie "Jean Jacques" en arborant un large sourire.

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A cet instant, je ne sais ce qui me retient d’approcher mon visage du sien pour l’embrasser. Nos corps sont tendus, le désir est déjà là... J’ai le vertige! Des fragments de ses phrases me reviennent en tête avec une netteté fulgurante : "pour un peu, je mentirais et me ferais passer pour votre rendez-vous", "on n’a pas idée de faire attendre une si jolie femme". Mais l’incertitude sur l’identité de mon interlocuteur me paralyse encore.

À suivre...

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25.02.2007

Alter Ego (4)

J’avais sans doute les joues un peu rosies quand je me suis décidée à jeter mon dévolu sur ce visiteur. Mais à peine ai-je fait le premier pas que celui-ci m’apprend qu’il a la voix cassée. Moi qui pensais reconnaître Vagant sans hésiter, je suis bien en peine de l’identifier avec certitude. Cet homme est-il vraiment aphone ou suis-je en train d’ennuyer une personne qui veut visiter le musée ? Vagant m’avait dit qu’il ne m’aiderait pas si je me fourvoyais… Il est peut-être en train de m’épier derrière une statue, souriant de ma méprise…
Mais je continue sur ma lancée. Que pourrais-je faire d’autre ? Et puis, malgré tout la conversation accroche. J’en viens même à lui donner les interprétations de la sculpture de Camille. Il paraît intéressé. Qui ne le serait pas d’ailleurs? Quand l’art parle de relations humaines, on ne peut guère que se sentir concerné. Je continue donc sur Claudel et Rodin, leur amour tourmenté, tout en me demandant sur quelle voie périlleuse je vais m’enliser. Malgré nos bavardages, l’heure tourne et je lui fais part de ma situation : j’ai un rendez-vous!

-Et bien je vais vous laisser, je ne voudrais surtout pas vous déranger, me répond-il.

-Non restez, je crois que je l’ai assez attendu.

medium_12_10_at_the_Musee_d_Orsay.jpgMa rencontre surprise semble piquer la curiosité de mon interlocuteur. Et la conversation s’engage donc sur ce sujet avant que je ne réalise que je ne sais rien de l’homme avec lequel je parle depuis dix bonnes minutes. Désireuse d’en apprendre un peu plus sur lui, je lui fais remarquer que nous n’avons toujours pas fait les présentations d’usage. Comment s’appelle-t-il par exemple?

 À suivre...

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23.02.2007

Alter Ego (3)

12h02 : Je crois que je le tiens. Un homme mince rôde autour des sculptures. Sa démarche est simple mais assurée. Il a un pantalon blanc et une veste noire sous laquelle apparaît un T-shirt gris anthracite. Une élégance sobre et non surfaite, comme j’aime, avec en plus, cet indéfinissable charme qui m'attirait déjà. Mais est-ce lui? Je n’ose pas l’aborder mais je ne le quitte pas des yeux.    Néanmoins je ne parviens pas à croiser son regard. Mais il est comme moi, il va, il vient sans but medium_ME0000049663_3.3.JPGprécis, sauf si...

Il s’approche de l’Âge mûr ! L’occasion était trop belle! Je l’aborde, je me jette à l’eau!

 

À suivre...

 

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21.02.2007

Alter Ego (2)

medium_lovers.2.jpgUn vendredi, au musée d’Orsay, il m’a donné un défi : l’aborder et lui voler un baiser. C’est dans ce musée, pour lequel je nourris une tendresse particulière, qu’aura lieu la rencontre. Fébrile mais ravie, je voulais lui faire bonne impression. Aussi, n’ai-je pas fait fi des avatars de la séduction féminine, dont la parure demeure une superficielle, mais non moins révélatrice, expression. Délicieusement troublée par les attendus et les enjeux de notre rencontre, je me dirige vers l’ancienne gare du XIXème siècle... Moi qui n'ose pas souvent faire le premier pas, allais-je être à la hauteur? Que faire si je ne lui plais pas, ou inversement?

Faisant mentir la légende qui veut que les femmes soient en retard, je suis arrivée au musée avec une bonne demi-heure d'avance. De quoi cogiter pendant un moment! Les minutes s'égrènent, lentement mais sûrement... Et j’ai le trac, ce je ne sais quoi d’émotions anticipées qui vous tord le ventre. Saurai-je le reconnaître, vais-je relever le défi, irai-je vers lui spontanément? Sera-t-il à l’heure? Trouvera-t-il la sculpture de Camille Claudel? Ne l’aborderai-je pas de façon de banale? Beaucoup de questions, peu de réponses...

Rien ne sait retenir mon attention, hormis les sculptures de Claudel et Rodin, où nous avons convenu de nous retrouver.

Je cherche parmi les visiteurs s’il est là.

Qui vivra verra dit le proverbe ; j’ai tellement hâte de voir, le voir...

C'est assez paradoxal d'ailleurs, l'attente. On ne désire qu'une chose, c'est qu'elle cesse, et en même temps, on sait qu'une fois qu'elle arrivera à son terme, on ne pourra plus se réfugier dans ses pensées, si agitées soient-elles. J'ai tout de même repéré un endroit stratégique : dos à "La porte des enfers" de Rodin. De là, je le verrai monter les marches. Bientôt j’arrangerai ma mise une dernière fois.

L'heure fatidique approche et je ne m'inquiète plus de la manière dont je vais m'en sortir, mais je tremble bien au contraire qu'il soit en retard. Ce rendez-vous à l'aveuglette me met dans tous mes états. Excitée, impatiente, je ressens tout de même une légère appréhension mêlée à un vif désir d'agir, enfin!

Mon regard se porte vers la monumentale pendule de l'entrée du musée. Il est midi...

À suivre...

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19.02.2007

Alter Ego (1)

Nous nous sommes connus en devisant par hasard sur un forum, et je me suis surprise à échanger régulièrement avec lui sur une messagerie privée. Cet homme, dont les interventions m’ont fascinée, a su me séduire par son esprit, sa prodigieuse imagination mais aussi par ce que l’on devinait en lui d’humanité blessée. Confrontation de points de vue, partage de fantasmes, timides, en ce qui me concerne... Avant que mon interlocuteur et moi-même ayons pris le temps d’écrire à quatre mains ce que nous inspirait notre sensualité. Avançant toujours plus loin sur la voie de notre découverte mutuelle, nous nous sommes parlés au téléphone. De l’autre côté de l’écran ou du combiné téléphonique, une rencontre nous paraissait évidente, même si nous ne connaissions pas le visage de l’autre. L’heure des fantasmes allait céder place à la réalité.

À suivre...
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