10.06.2008

T'as un problème ?????

  
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C'est le printemps, il fait beau... Enfin, ça arrive parfois. Et les filles ont envie de mettre définitivement au placard les pulls col roulé, les pantalons en velours, et même ces infâmes T-shirt à manches longues adaptés à un temps mi-figue mi-raisin qui traîne décidément trop ses pieds dans la grisaille. Mais ce n'est pas pour vous dire mon mal de soleil que j'écris aujourd'hui après un long silence. 
 
    Si je prends la peine de revenir sur ce blog, c'est parce que j'en ai marre de ce manque de respect que je constate envers... les femmes. Rassurez-vous, je n'ai pas l'âme d'une "chienne de garde", mais tout de même je suis ré-vol-tée !
    Révoltée que d'aucuns se permettent de vous aborder avec familiarité dès que vous avez le malheur de mettre une jupe. Et quand vous vous baladez avec vos amiEs, c'est pire. Vous devenez -je cite- "une belle brochette !", et si vous ignorez ce genre d'apostrophe -qui se voudrait flatteuse ?- alors là, c'est sûr, vous faites "une belle brochette de dindes, oui !" ou alors les mâles dépités espèrent vous blesser en vous lançant un lâche : "les filles vous êtes trop laides". Le pire, je crois, c'est la banalisation de ce genre d'attitude. "Ce n'est que verbal. Tant qu'on ne t'a rien fait, qu'on ne t'agresse pas physiquement"... Voilà, ce que l'on se met à penser quand on vit ce genre de situation. 
 
    Et pourtant, violence il y a. Elle a beau être verbale, elle est bel et bien là ! Un tutoiement est déjà en lui-même, un manque de respect, du moins, je le vis comme cela ; suis-je vieux-jeu ? Je ne le crois pourtant pas.
    Je ne mets pas non plus tous les hommes dans le même panier : il est des compliments, des sourires et des oeillades qui, quand ils sont sincères et bien placés flattent la vanité, ou nous rassurent sur nos charmes. Mais ce qui me choque, c'est que ce sont des garçons de plus en plus jeunes qui considèrent les femmes -sauf maman, ça va de soi, mais maman n'est pas une femme, c'est maman- comme un vulgaire morceau de jambon dont ils voudraient se payer une tranche. 
 
    Il n'y a pas si longtemps de cela, j'étais plutôt inconsciente du type de danger que représente ces attitudes. Mais sans doute parce qu'une de mes amies s'est faite agresser physiquement par un jeune homme, je suis beaucoup plus attentive, beaucoup plus vigilante sans doute, sans pour autant être en permanence sur mes gardes -il ne s'agit pas de devenir parano ! Je constate pourtant que les filles que je fréquente ont tendance à se censurer sur le choix de leur tenue, surtout lors de sorties nocturnes. Les jupes, robes et escarpins restent sur leurs cintres ou dans leur boîte. Et malgré cela, vous vous faites quand même emmerder -excusez-moi du terme, mais il n'en existe pas de meilleur !
    Alors quoi ? Que doit-on faire ? Se faire marcher sur les pieds ou dire tout haut ce que l'on pense tout bas au risque de se faire taper ? Que doit-on faire pour se sentir libre ?  Parce d'un côté, l'on voit des femmes dénudées partout : dans les publicités, sur les affiches, sur les podiums, au cinéma et dans la vie, et bien, vous devez faire attention.
 
    Moi féministe ? Non, pas plus que ça, mais en colère oui. Alors, il fallait que ça sorte. Tout en écrivant, je me dis que le débat de fond est peut-être encore plus complexe que cela. Une femme est souvent perçue d'abord dans une dimension désirante. Les femmes politiques en sont l'exemple le plus saisissant : on parle plus de leur apparence, leur physique, leur aptitude à séduire que de leurs compétences. Alors que ce serait dur de prétendre que Sarkozy a du sex-appeal -même si les magazines people s'y essaient- mais il est clair que l'on évoque davantage son activisme -voire hyperactivité ?- que son physique, qui n'est pas à son avantage il faut dire. 
   
    Alors quand l'on n'a pas de garde du corps, on se munit d'une bombe lacrymogène ? C'est ce que m'a conseillé un proche... Et pourtant je pense que c'est grave d'en arriver là : être sur la défensive.
 
    T'as un problème ? Honnêtement, je ne suis pas du genre à en chercher cependant il y a quand même un malaise. Ah si seulement j'étais un grand balaise façon Chabal ! ;-)
 
 
 
                                                      

18.04.2008

Pour les grands...

Capitonnée de velours rouge, la petite salle aux boiseries richement décorées offre un confort douillet, cosy. Mon regard se pose alors sur les lampes : des anémones dont les dorures disputent aux ciselures art-déco des relents de rococo. La scène, pudiquement reléguée à l'arrière-plan, attend son heure de gloire. Pour l'instant, elle est sagement encadrée par de lourds rideaux cramoisis. C'est en toute intimité qu'elle va s'animer, qu'elle va se donner, sans la pudibonderie de ceux qui ne couchent pas le premier soir.
A tout moment, on s'attend à ce que la lumière s'éteigne et qu'une femme à demi-nue s'échappe des coulisses ; il est des mondaines qui le sont à demi, dans l'univers des cabarets...
 
-"Tu peux te décaler, s'il-te-plaît ?"
Suivie d'une ribambelle d'enfant en bas âge, enceinte jusqu'aux yeux, elle savait que le jeune homme cèderait à sa demande qui ressemblait plus à un ordre qu'à une véritable question. Mais finalement, la jeune femme décida de s'installer devant, avec sa meilleure amie, et c'est avec soulagement que je les vis conduire leur marmaille à l'autre bout de la salle de cinéma. 

Confortablement installée au fond de la salle, bien en face de l'écran, je jubilais. Et comment pouvait-il en être autrement ? Le spectacle serait enchanteur : j'étais conquise d'avance, et pour une fois, il n'y avait pas un "grand" devant moi.

A côté de moi la vieille fille à l'allure sévère marmonne à l'encontre d'une amie venue l'accompagner : "Tu verras c'est le seul Disney qui n'est pas pour les enfants". Je ne sais pas comment je me suis retenue de rire.

Fantasia pas pour les enfants ? Quelle blague. Enfant, c'était mon disney préféré, aujourd'hui, ça l'est resté. Les dessins, la musique, tout ça, même à 6 ans ça me parlait et pourtant, je devais me contenter d'une K7 VHS.

Tel Orphée, nous suivons notre guide, un guide bienfaisant qui nous conduira dans le saint des saints ;et ce sera la voix de François Perrier qui présentera les huit séquences musicales interprétées par l'Orchestre de Philadelphie. 

Premières mesures, premiers frissons. Sous la baguette de Léopold Stokowski, la musique me prend comme une mer...

 

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    Je deviens cette petite fille qui rit quand Mickey joue les apprentis-sorciers, qui reconnaît dans un murmure d'enthousiasme "les tricératops" qu'elle a étudiée en classe, et qui s'émerveille, le temps d'une Symphonie pastorale, pour le monde des dieux de l'Olympe. Je ne sais plus si c'est la musique qui nous redonne une âme d'enfant, ou si c'est son langage qui sait toucher en nous ce que nous avons gardé de l'âge tendre. Pourtant, les choix musicaux et plastiques me surprennent toujours par leur audace : ce sont des images abstraites bien qu'oniriques, qui accompagnent la Toccata et fugue en ré mineur dans son arrangement pour orchestre symphonique écrit par Stokowski, tandis que le choix du Sacre du printemps de Stravinsky, oeuvre décrivant les dissonances de danses tribales rituelles et donc a priori peu abordable à la première écoute, glisse jusque dans nos oreilles avec la plus belle évidence. Stravinski détestait les images que Disney choisit pour illustrer sa musique ; or l'histoire des dinosaures a le mérite de sensibiliser les plus jeunes comme les moins avertis des spectateurs.  Casse-noisette ou encore la Ronde des heures de Ponchielli nous entraîne dans l'univers des elfes et des fées puis dans celui d'un ballet comique où autruches, éléphants et hippopotames rivalisent de grâce avec des crocodiles.

Mais dans le monde des enfants, comme dans celui des adultes, il y a toujours un méchant loup. Il peut prendre la forme du démon Chernabog qui a élu domicile sur le Mont chauve, ou d'une peste tout aussi brune, qui en 1940, date de la sortie de Fantasia, faisait rage.

Reste alors à bercer les enfants en leur assurant qu'ils ont fait un mauvais rêve, tandis que les adultes croieront aux miracles, le temps de l'Ave Maria de Schubert, et chanteront dans l'espoir que leur prière sera entendue. Mais ce rêve de paix ne concerne-t-il que le monde à bâtir, celui qui s'ouvre devant nous, ou serait-ce le monde inconnu, celui d'outre-tombe dont nul ne revient ? Qu'importe au fond, du moment que ce monde, soit meilleur ? 

 

Le retour à la réalité me fait l'effet d'une douche froide, les premiers sons qui parviennent à mes oreilles sont ceux d'une sirène de police qui beugle sans fin.

15.12.2007

Cul-ture

    Me voilà prête à partir en week-end, loin de Paris... Aussi n'ai-je pas le temps de vous livrer une note excessivement longue. Quelques notes attendent bien au chaud, mais ce sera pour plus tard.
    Aujourd'hui, j'aimerais vous faire découvrir des vidéos amusantes. La culture du cul, cela a souvent le mérite de divertir, plaire ou faire rire. Et, de la blague gauloise à la réflexion coquine, ça se propage, ça se répand dans notre entourage. C'est d'ailleurs une amie qui m'a montrée ces vidéos que je me propose ici de vous faire partager. Amis de la poésie et de la musique, ces clips sont pour vous.
Just enjoy !
 
 
 
 
 
 

10.12.2007

De l'autre côté

    C'était un jour de novembre...

    Juste avant les fêtes, je perdais mon grand oncle.

    Il n'y a rien de plus faux que le mot "perdre" quand l'on parle d'un être cher. On perd son porte-feuille, ses clés, et avec un peu de chance, on peut les retrouver. Perdre son oncle, c'est un euphémisme, qui malheureusement, n'atténue en rien la tristesse de la famille. Et cette perte-là est, comme tous les matins du monde, sans retour...

    Je sais qu'il avait beaucoup souffert. Je n'ai jamais compris qu'il soit mort d'une chose pour laquelle il n'avait pas été hospitalisé ; ce qui renforçait ce sentiment de grande injustice que l'on éprouve souvent quand disparaissent ceux que l'on aime. C'est étrange à dire, mais ce qu'il avait souffert à l'hôpital m'avait fait plus de peine que d'apprendre sa mort.

    Le jour de son enterrement, la famille tenait à ce que je lise le texte du jour. Evangile selon qui ?, je ne le sais plus, et au fond ce n'est pas là l'important.

    Je sais seulement que ma voix était la même, que je n'ai pas pleuré, que je suis restée presqu'impassible : je n'ai pas trébuché sur les mots, il n'y a eu ni trémolos, ni mélo...  En somme, je faisais une simple lecture à haute voix.

Et puis, j'étais sûre d'une chose : cette caisse en bois qui me faisait face, ce n'était pas mon oncle !

J'étais sans doute la seule à ne pas avoir les yeux rougis, embués de larmes. Etais-je devenue un monstre sans coeur ? Je n'étais même pas submergée par un flot d'émotion. J'étais là et je n'y étais pas. Je me sentais vide.

 

    Au cimetière, je dus rendre à mon oncle un dernier hommage. Il s'agissait d'un texte de Charles Péguy. Je saisis la feuille à deux mains, fermement :

 
La mort n’est rien.
Je suis simplement passé dans la pièce à côté.  
Je suis moi. Tu es toi. Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné. Parle-moi comme tu l’as toujours fait. N’emploie pas de ton différent.  
 
Ne prends pas un air solennel ou triste. Continue à rire de ce qui nous faisait vivre ensemble. Prie. Souris. Pense à moi. Prie pour moi. Que mon nom soit toujours prononcé à la maison comme il l’a toujours été. Sans emphase d’aucune sorte et sans trace d’ombre.  

La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié. Elle reste ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de ta pensée, Simplement parce que je suis hors de ta vue ? Je t’attends. Je ne suis pas loin. Juste de l’autre côté du chemin.

Charles Péguy

    Et là, j'ai réalisé. J'aurais voulu m'accrocher aux mots du poète et en faire une parole d'évangile. Mais tout au contraire, ce texte plein d'espoir, et peut-être de vaine consolation, fut pour moi le déclencheur. A peine ai-je achevé ma lecture, qu'un flot de larmes traçait son sillon le long de mes joues. 

    Il n'y aurait plus de rires, plus de discussions sur l'opéra, plus d'anecdotes sur le cinéma, plus de débats sur l'histoire... Je ne l'entendrais plus appeler son chien qui en faisait toujours à sa tête. Je n'entendrais plus vrombir le moteur de sa voiture. Je ne verrais plus ses dents plombées répondre à mes sourires. Et ces airs du Trouvère, du Faust (de Gounod), qu'il nous chantait...

     Si seulement l'on pouvait ne jamais regretter de n'avoir pas dit à quelqu'un qu'on l'aime, avant qu'il n'aille de l'autre côté...

    Je pense bien à lui, mon oncle. 

04.12.2007

Le climax bien tempéré

par Comme une image 

La charmante Ysé m’a proposé de participer à blogcrossing (échange inter-burp, en français). Le principe en est simple : je rédige une note qu’elle publie chez elle (celle que vous êtes présentement en train de lire, ami lecteur d’Ysé) et elle rédige une note que je publie simultanément sur Comme une image. Vous la trouverez ici.

Comme nos deux burps traitent (entre autre) de sexualité avec un point de vue féminin et un point de vue masculin, nous avons trouvé intéressant pour que le croisement prenne tout son sel, qu’une femme donne son point de vue sur l’orgasme masculin, et un homme sur l’orgasme féminin.

Je prends donc le risque de présenter ici le fruit de mes observations, de mes expériences, avec toutes les imprécisions dues à ce très parcellaire état des lieux, et plus encore à mon statut de mec étranger au mystère de l’orgasme féminin.

Celles qui ne jouissent pas

Je choisis de commencer cet inventaire en commençant par la femme qui ne jouit pas. Un célèbre dicton moqueur prétend qu’il n’y a pas de femmes frigides, il n’y a que des mauvaises langues. J’assume donc, dans mon parcours, de ne pas avoir toujours su faire jouir mes partenaires, par manque d’adresse, d’écoute ou d’envie.

Il y a eu cette fille avec qui je me suis retrouvé dans son lit visiblement par erreur. Ni elle, ni moi n’avions vraiment l’envie l’un de l’autre. De mon côté, je la trouvais plutôt mignonne, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu d’aventure, et arrivés au deuxième rendez-vous, celui au restaurant dont on attend généralement l’épilogue charnel, quand, une fois le repas terminé, on s’est retrouvé dans ma voiture sans savoir trop quoi faire, on a mollement opté pour aller chez elle. Je vous passe les détails (non, allez, pas celui de son putain de clebs qui venait me lécher le pied tandis que nous étions dans son lit). Disons juste que « je la besognais » dans un classique missionnaire, elle totalement passive, et moi qui m’emmerdais copieusement. Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas que la donzelle ne jouisse pas (l’orgasme la cueillerait-elle par surprise ?). On ne s’étonnera pas non plus que je l’accompagne  au pays de la frigidité. Même si, dans mon parcours, la plupart des femmes qui ne jouissaient pas se trouvaient dans des situations similaires, je dois rapporter le cas atypique de ma toute première maîtresse (pas ma première aventure, mais la première femme avec qui j’entretins une relation adultère durable (trois mois !) . Cette femme était un abime d’érotisme. L’amour avec elle était un jeu, et entre deux matchs, on jouait aussi. Je m’efforçais, débutant que j’étais, de suivre le rythme élevé qu’elle donnait à notre relation, et à chaque rendez-vous avec elle, c’était une explosion sensuelle. Pour moi. Et pour elle, orgasmomètre à zéro. Certes, elle prenait du plaisir dans nos ébats, mais pour une raison que je n’ai pas su cerner, elle ne jouissait pas. Pour me rassurer, elle m’indiqua que ça ne tenait pas qu’à moi, qu’elle avait l’orgasme vraiment très rare. Je la crus, et je suis que plus tard, elle finit par rencontrer un homme qui, par ses caresses et ses baisers, avait su trouver la clef de son plaisir.

Si érotique, attentionné, lubrique qu’on soit, on est toujours le mauvais coup d’un autre.

Celles qui simulent

« Elles simulent toutes ».

« Elles ne simulent jamais avec moi ».

De ces deux propositions, la seconde est probablement la plus fausse. Je ne prétendrai surtout pas ici être capable de reconnaître à coup sûr un orgasme simulé.  J’ai parfois l’impression que ma femme exagère un peu ses feulements pour accélérer mon orgasme, ça n’est pas super efficace en particulier parce que je ne suis pas un inconditionnel de l’orgasme simultané. Que j’ai besoin du  plaisir de l’autre pour trouver le mien mais  que ce partage n’est pas obligé de se faire dans la seconde, la minute, l’heure. Dans le cadre  d’une relation suivie (en particulier « dans un couple »), je peux sans gêne accepter de jouir seul un jour si un autre jour elle jouira, c’est seulement quand cet échange n’existe plus que ça devient gênant (son absence d’orgasme fut d’ailleurs une des raisons pour laquelle je décidai de quitter la maîtresse dont je parlais plus haut, de même que j’abandonnai S*** à son triste sort, faisant le constat de mon incapacité à leur offrir du plaisir. Pis, de lui faire mal). À part dans certaines occasions assez spectaculaires dont je parle plus loin, j’ai plutôt tendance à ne pas être trop sûr de l’orgasme de ma partenaire, me risquant même parfois à la terrible question « est-ce que tu as joui ? ». Alors je ne vais pas non plus oser cette question digne du jeu de la vérité : « est-ce que tu as joui, ou est-ce que tu simulais, ou est-ce que je suis totalement à côté de la plaque ? »

(Pour la petite anecdote et même si j’ai déjà eu l’occasion d’en parler et que c’est hors-sujet, il arrive parfois aussi aux hommes de simuler ; il m’arrive moi aussi de râler pour hâter l’orgasme de ma partenaire – particulièrement quand je la sens « près » et moi « loin » –, il m’est également arrivé une fois de simuler l’orgasme quand je faisais l’amour… au téléphone, pratique dont je n’ai jamais été friant.)

Celles qui en tremblent

J’attaque maintenant le chapitre des démonstrations assez spectaculaires d’orgasmes féminins, celles pour lesquels je ne pose pas la terrible question, celle pour laquelle je n’imagine même pas qu’il puisse y avoir simulation (à quoi bon ? et sinon, chapeau !).

J’ai mis au premier rang de celles-ci le tremblement. Parce que je l’ai vécu récemment. Et que ça m’a particulièrement troublé. Particulièrement, parce que la jeune femme à qui c’est arrivé me faisait penser à plus d’un titre à une autre femme que j’ai connue et qui a beaucoup compté pour moi (et qui est encore très présente dans mon cœur) et que cette femme-là, justement était également secouée de tremblements après certains orgasmes particulièrement ravageurs. J’ai parfois des spasmes post-orgasmiques, qui se prolongent parfois une minute environ, mais le tremblement, c’est un cran au dessus. Me croirez-vous si je vous dis que je garde un souvenir bien plus fort, plus intense, plus durable, des orgasmes que j’ai procurés que de ceux que j’ai, moi, éprouvés ?

Celles qui en pleurent

Je compte aussi sur les doigts d’une main les occasions où ça m’est arrivé d’avoir sous mes reins une femme qui pleure au sommet de son plaisir. C’est un moment à la fois intense, troublant, inquiétant, flatteur. « Wahou c’est moi qui lui fais cet effet ?! » En fait, généralement, non, ce n’est pas seulement moi, c’est aussi le contexte. Mon impression, c’est ce que genre d’orgasme lacrymal ne survient que dans des conditions un peu exceptionnelles d’émotion, au sein de l’histoire personnelle de la femme qui ainsi s’abandonne. Tension accumulée, état amoureux, deuil… Je n’ai jamais eu l’orgueil de m’attribuer l’intégralité du mérite de ces orgasmes hors norme, mais j’étais bien content d’y être partie prenante.

Celles qui en crient

À part Meg Ryan  dans la fameuse scène de Quand Harry rencontre Sally, je n’ai jamais fait l’amour avec une femme qui se mette à faire trembler les murs sous ses cris de jouissance (en plus, Meg simulait). Je ne dis pas que mes partenaires sont  silencieuses, non, il y en a qui gémissent plus ou moins fort. J’ai eu droit une fois à un « oh ! mon dieu » qui a un peu déstabilisé l’athée convaincu que je suis. J’ai écouté de jolis chants de plaisirs, mais jamais de cri qui m’ait percé les tympans. Et vous ?

Celle(s) qui « éjacule(nt) »

Mon intertitre est en semi-singulier parce que je n’ai vécu cette expérience… singulière, pour le moins, qu’avec une seule partenaire. Auparavant, je m’étais toujours demandé si ça existait vraiment, les femmes fontaines. J’avais tendance à penser que oui, mais Saint-Thomas instillait son doute.

Le pluriel toutefois se justifie parce que même si le témoignage que je vous livre est de première main (on ne saurait mieux dire), j’ai recueilli par la suite plusieurs témoignages de seconde main tout à fait fiables (en particulier le tien, petite brune).

Celles qui grimacent

Tout le monde (homme comme femme) grimace plus ou moins en jouissant. La preuve ici (my beautiful agony). Certain(e)s tout de même plus que d'autre et, du coup, il vaut parfois mieux jeter un œil ailleurs, pour ne pas être trop déconcentré (si la grimace est trop vilaine ou trop drôle). Bon, en même temps c'est naturel et émouvant. Oui ? Nan ? Bon ok.

Celles qui s’en mordent les doigts

À mon avis, ça c'est juste un truc pour éviter qu'on ne les voit trop grimacer ! 

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Arabesques Intimes, par Lobel-Riche (1936)   

15.11.2007

Instantané

 

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-Tu vas me frustrer. C'est bien aussi. Car moi j'ai joui et pas toi...

J'étais à cheval sur ses cuisses. Les yeux dans les yeux, je branlais sa queue tendue sans me résoudre à le laisser partir sans qu'il ait joui une deuxième fois. Mes caresses appuyées accompagnées de mots langoureux, suaves et chauds, comme en murmure dans l'intimité ont eu raison de sa belle résistance. Et c'est entre mes mains que s'est répandu son sperme onctueux. Cette fois-ci je voyais ses traits transformés par le plaisir et ses lèvres qui s'ouvraient pour laisser s'échapper le cri originel.

De mon côté comment aurais-pu être frustrée ?

A la sortie du restaurant, c'est en pressant le pas que nous allâmes chez moi. Le temps que j'ouvre ma porte, Paul me dévorait de baisers, se collait contre mes reins tout en caressant ma nuque.

Dans la chambre, nos lèvres s'entrechoquèrent, se cherchaient avides de se joindre, se mêler et s'emmêler dans le tourbillon de notre désir.

Je sentais la force de ses étreintes et l'embrasement de nos corps impérieux.

C'est avec tout mon consentement, que Paul me retourna alors. Et à peine fus-je dos à lui qu'il me poussa en direction de la banquette. Sans que j'ai le temps de réagir, je me retrouvai yeux bandés et poings liés, la jupe relevée sur mon cul dénudé dans toute son indécence. J'entendis des zips et des bruits de vêtements qu'on jette à la hâte. Paul était nu et il me fit vite sentir le désir qui enflait entre ses cuisses. Dans le sillon de mes fesses, une grosse queue s'insinuait pour mieux m'exciter.

-Si  ton mari te voyait dans cette position, qu'est-ce qu'il dirait à ton avis ?

-Oh non pas ça!

-Si ! Je vais prendre des photos, je les publierai sur internet et je les enverrai à ta famille.

-Non, pas ça, je vous en prie.... Je ferai tout ce que vous voudrez!

-Tout ?

-Oui, répondis-je faiblement.

-Parfait !

Mes lèvres s'entrouvrirent sur le membre qu'on m'introduisit dans la bouche, et elles suçèrent goulûment ce sexe anonyme, si agréable sous le palais et que cet homme m'enfonçait puissamment. J'essayais tant bien que mal de suivre le rythme qu'il m'imposait, de saliver, de le lécher du mieux que je pouvais, même si c'était sous la contrainte et pourtant qui aurait pu dire que je me forçais? Je regrettais seulement de ne pouvoir me servir de mes mains pour lui montrer l'étendue de mes talents. L'homme maintenant frottait son sexe contre ma bouche, comme il l'aurait fait en se branlant avec un oreiller. Il en grognait de plaisir.

Mais cela ne suffisait pas et il se soucia aussi de mon plaisir. Ses doigts s'en allèrent triturer mon bouton et branler mon anus palpitant.

- Jamais mon mari ne m'a touchée à cet endroit là!

- Ah bon ? Tu veux dire qu'une salope de bourgeoise comme toi ne s'est jamais fait enculer ?

- Non...

-Je vais remédier à ça.... Car ça te plairait, n'est-ce pas petite salope ?

-Oui...

Tout en m'empoignant fermement les seins, mon ravisseur avançait sa queue à l'orée de mon petit trou.

-Oui je vais t'enculer bien profondément mais avant, on va jouer.

Il me retourna, releva mes jambes et me lécha la chatte avidement. De temps à autre, il m'embrassait partageant avec moi le goût de ma mouille.


-Comme tu es mouillée ! ça te plaît, hein ?

-Oui, j'aime cette grosse queue. J'aime ce que vous me faites.

A ce moment-là, Paul masturba mon clitoris du bout de son gland.

-Oh je vais venir, je vais jouir sur ta chatte !

Et je sentis, en effet, cette substance chaude et crémeuse se répandre sur moi comme un baume.

Dans la pièce, cela sentait le sexe et le parfum capiteux de nos désirs. Paul défit mes liens, puis il joignit ses lèvres aux miennes et redevint le tendre amant que j'ai suivi les yeux fermés sur le chemin de la volupté.


                                               

Illustration : Joris Van Daele 

18.10.2007

Sing Sing Song 2/2

-Mais tu es sûre que c'est bien dans ce bar?

-En tous cas c'est ce qui est écrit dans le Lylo! me répond Violaine.

-Et si on demandait à cette commerçante? 

C'était peine perdue. Car cette femme d'origine asiatique nous a rétorqué dans un français impeccable : -je ne comprends pas ce que vous dites.

Nous nous avançons piteusement vers l'entrée de ce bar qui ne paie pas de mine et qui fait face au restaurant chinois.

-C'est ici qu'il y a un concert ?

Le garçon au comptoir acquiesce et ajoute qu'il nous faudra attendre 30 à 45 minutes. 

Il n'y aura pas foule, pensons-nous Violaine et moi, alors que nous nous promenons dans le Marais histoire de faire passer le temps. Derrière Beaubourg, nous nous retenons de craquer pour une glace Amorino et devant la BPI, la vue de ces si nombreux SDF nous coupe toute envie de nous offrir ce petit plaisir.

  

    C'est pour rejoindre le bar perdu dans une impasse coupe-gorge que les choses se compliquent. Quand Violaine indique une direction, je sais qu'il vaut mieux prendre son avis à revers. Mais cette tactique hasardeuse ne suffit pas, aussi n'ai-je pas hésité à sortir mon plan de Paris, ce cher livre rouge auquel aucune impasse -fut-elle miteuse- n'échappe. C'est alors qu'une scène surréaliste s'est produite. Les yeux rivés sur le plan, Violaine et moi ne prêtons pas attention à ce qui se passait autour de nous. C'est pourquoi nous avons sursauté quand ils sont arrivés. Nous ne les avons pas entendu avant que l'un d'eux ne claironne :

-Vous aussi vous allez Impasse L*** ?

-Oui on va au concert.

-Nous aussi, on vous accompagne ?

Sans avoir le temps de répondre, Violaine et moi étions désormais escortées par ces deux cyclistes, qui, pour la bonne cause, sont allés pedibus à ladite impasse.

    Contrairement à Violaine, je n'aime guère la fraîcheur vespérale et c'est non sans contentement que j'ai poussé la porte du bar.

    Le changement d'ambiance radical nous a aussitôt frappé. Il y avait une population hétéroclite, certes, mais chaleureuse et riante, venue, comme nous, savourer autour d'un verre les accents de la musique Klezmer. Le brouhaha ambiant laisse bientôt place à la reine de la soirée : la musique. Une flûtiste, un clarinettiste et un accordéoniste ont plié bagage et nous nous en sommes allés avec eux. Notre voyage nous a conduit jusqu'en l'Europe centrale et en Europe de l'Est, berceaux de cette musique traditionnelle.

    Violaine et moi, sourdes aux compliments et aux tentatives de rapprochement de nos indécollables voisins de table, nous nous laissons aller aux inflexions de l'allègre clarinette. Emportées par ces mélodies festives, Violaine et moi ne réprimons pas l'envie que nous avons de danser. Mais l'exiguité des lieux nous autorise seulement à taper des mains.

    Entre deux airs, la flûtiste nous explique l'origine de cette musique, à quelle occasion on la joue : mariages, fiançailles, circoncision... Mais Violaine et moi nous découvrons une tendresse particulière pour une musique douce dédiée aux jeunes filles et aux personnes âgées. La musique Klezmer a cette énergie du désespoir, cette joie mâtinée de nostalgie. C'est une mélopée de la condition humaine. Elle contient toutes les joies et les peines.

    Je sais que je ne suis pas la seule à ressentir cela. Quand on entend pareille musique, on a l'impression qu'elle nous parle au plus profond de nous, qu'elle a été écrite pour nous et qu'elle s'adresse à tous. Impossible d'avoir ce sentiment d'appartenance à un pays, une nation, la musique nous transporte au-delà des frontières.

   Mais la musique si belle soit-elle ne suffit pas. Rien ne vaut un moment que l'on partage. Ce soir, je le vis avec Violaine. J'aime beaucoup Violaine. Elle est engagée, joyeuse de nature et elle connaît toujours les bons plans. Et puis, toutes les deux nous nous entendons vraiment bien. Quand nous discutons politique, je ne sais pas ce qui pourrait nous arrêter et souvent nous pensons les même choses sans avoir besoin de nous les dire. Et comme si elle disait tout haut ce que je pensais tout bas, Violaine dont le regard d'émeraude a quitté les musiciens pour se tourner vers moi, s'est alors écriée:

    -Comment peut-on être raciste ou antisémite quand on entend cela ?

 Cela nous semblait d'autant plus impossible que dans le cercle qui s'est formé autour des musiciens, le métissage est au rendez-vous ; et Violaine et moi jubilons.

Le coeur léger, nous nous sommes éclipsées. Nos deux chevaliers servants n'auraient pas pu nous suivre. Ils n'avaient pas compris que pour eux qui espéraient draguer sur fond de musique, nous ne pouvions être que des étrangères.

13.10.2007

Chronique métropolitaine

    La sonnerie du métro retentit, je me glisse entre les portes. Et là, dans la voiture, un regard accroche le mien. Et ce n'est pas n'importe quel regard. C'est celui d'un homme en vue qu'on ne présente plus, un homme célèbre qui partage vos nuits, vos journées peut-être. Un homme dont le nom s'étale sur votre table de chevet une fois la lecture achevée...
Vous le connaissez sans aucun doute, vous qui me lisez. Le monde est si petit qu'il ne peut l'être plus encore dans la blogosphère, et je serai très étonnée que vos yeux n'aient pas erré de ce côté là !
 
    Après la bise, -chez moi on en fait trois-, Second Flore m'interroge du regard et de vive voix :
 -Qu'est-ce que tu fais là un samedi matin ? Où vas-tu ?
 -Vers Vavin...
 -Pour quoi faire ?
 -Ah, ah, mystère... Tu comprendras bientôt !
 -Tu ne vas pas Rue de la Gaîté ?
 -Non pourquoi ?
 - Dans ce coin, il y a un théâtre, un restaurant et un sex-shop... Mais ils ont tous fermé.
 
    Dommage, car j'aurais bien retenu l'adresse, mais ce n'était pas la mort d'un quartier qui justifiait mon errance matinale.
    Je dois le reconnaître, au risque de vous surprendre. Je venais tout simplement concrétiser un projet de note.
Cette note me trottait dans la tête depuis un moment, mais je ne pouvais l'écrire sans illustrations...
 
    Le métro, les gens qui s'y trouvent peuvent en effet être sources d'inspiration. D'ailleurs, avant de rencontrer Second Flore, j'avais inspecté une autre ligne en quête de photo, et le jeu de regards que se lançaient deux femmes m'avait interpellé. Deux inconnues d'une cinquantaine d'années se fixaient et se souriaient. Bien sûr, l'une des deux -celle aux cheveux frisés relevés par une couette- avait précédé l'autre et avait amorcé un discret sourire auquel la femme aux cheveux de jais et aux yeux entourés de khôl avait répondu avec chaleur. Pour quelques minutes, je m'étais senti le témoin d'une complicité naissante dont la magie fut rompue par l'aigu strident annonçant la fermeture des portes. 
 
    Certes, tout cela ne vous dit pas pourquoi je voulais illustrer mon propos... 
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais l'on ne peut s'empêcher de jeter un oeil sur les pubs qui s'étalent sur les murs, dans les couloirs. Parfois l'on se demande ce qu'il y a dans la tête des publicitaires. Où ont-ils voulu en venir ?
D'autres fois l'on se dit qu'ils ne sont pas allés chercher bien loin leur inspiration.
En voici quelques exemples, histoire de voir si vous pensez à ce que je pense...
 
 
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    Impossible de râter cette pub pour le Bon Marché..
En voyant cette jeune femme coiffée d'une frange et maquillée façon seventies, j'ai immédiatement pensé à Jane Birkin. 
Avouez que la ressemblance est flagrante :
 
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Je ne sais pas si la mode est un éternel recommencement, mais dans le domaine de la pub, on n'hésite pas à faire du neuf -ou feindre d'en faire- avec du "vieux".
 
    Je n'ai malheureusement pas pu vous trouver la pub d'une agence de voyage ou d'une compagnie aérienne assez révélatrice de ce manque d'imagination, à moins que ce ne soit une boutade dont la touche comique m'a complétement échappée. Le slogan faisait appel à un passé très récent et exhibait ce fier effet d'annonce : "voyagez plus, sans payer plus"... Mais pour voyager plus, il faut travailler plus, n'est-ce pas?
 
    Heureusement, il y a des publicités bien plus drôles et facilement détournables.
Prenez la pub pour Ricard, et imaginez que Durex remplace "anis" par "anus". On s'amuse comme on peut mais c'est ce que j'aurais fait si je savais manier un peu mieux photoshop, mais vous allez devoir vous contentez de l'original.
 
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    Pour finir en beauté, songez que le métro recèle bien des merveilles et, pour les blogueurs obsédés par la page blanche, d'innombrables sujets de note, mais peut-être que comme le dit cette pub :
 
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07.10.2007

Ce rêve bleu

    Ce rendez-vous, je ne voulais pas le manquer. 20h à Saint-Mich'... J'y suis, en avance, comme souvent. Ce n'était d'ailleurs pas une bonne idée de s'attendre là car nous n'étions pas les seuls à l'avoir eu. Dans ces cas-là, on bénit le type qui a inventé ce formidable engin : le portable.
 
    Une demie-heure plus tard, nous arpentons les rues en désespérant de trouver un bar qui ne soit pas pris d'assaut par les hordes d'assoiffés en maillot bleu. Myriam nous inviterait bien chez elle. Elle a la télé et quelques bières au frais. Mais ce soir, nous n'avons pas vraiment envie de nous vautrer dans un canapé façon beaufs... Nous préférons nous laisser porter par l'ambiance électrique qui règne un peu partout.
Petites filles modèles en talons et jupettes, supporters bedonnants amateurs de bières, bobos endimanchés, étudiants branchés ou pas, enfants en poussette ou juchés sur les épaules du papa, toute cette population hétéroclite qui évolue dans la même ville mais qui d'ordinaire ne se mélange pas, est venue suivre le match France-Nouvelle Zélande.
 
-Et si on allait à l'Hôtel de Ville?
Violaine fait la grimace. Elle est un peu agoraphobe, mais elle se risque tout de même à tenter l'aventure. Le parvis de l'Hôtel de Ville est noir de monde, à moins que ce ne soit bleu. Dans un autre genre, des bonhommes bleus bloquent l'accès de la place.
 
-Reculez, vous ne passerez pas, il y a trop de monde!  assènent les gendarmes. 
Prendre son mal en patience semble être la seule chose à faire, même si Myriam, Violaine et moi hésitons à faire demi-tour pour nous consoler avec la Nuit blanche. 
 
    Guère après le début du match, les gendarmes laissent passer quelques personnes au compte-goutte et, par chance, nous en sommes. Impossible de faire les difficiles, nous nous asseyons là où nous trouvons de la place. Au passage, Violaine a épongé une flaque de bière tandis que Myriam s'est fait marcher sur la main. Mais elles ne se plaignent pas, elles sont même tout sourire.
    Le sourire retombe vite. La première mi-temps est en demie-teinte, si bien que nous prêtons oreille à la conversation de nos voisins.
 
-Hé, les mecs, je vous ai dit que je sors avec une nana qui s'appelle Constance ?
-Oh la chance, les Constance, c'est toutes des cochonnes !
-Ouais, profites-en! Moi j'en ai marre d'être puceau...
 
    Nous laissons là, le jeune homme à ses réflexions et nous crions de concert à tous les abrutis qui se sont levés de se rasseoir. Et la pression du nombre a eu raison de cette poignée de rebelles qui n'étaient pas transparents...
Si seulement les gens avaient autant de volonté pour aller voter... En parlant de vote, nous nous prenons dans la figure un gros plan de "mister president". Violaine, Myriam et moi constatons avec plaisir que nous ne sommes pas les seules à le huer. En revanche, les personnes qui huent les All Blacks ou lancent des insultes à l'encontre de l'équipe adverse nous irritent vraiment. Ce sont ces mêmes personnes qui, quand l'équipe de France gagne crient haut et fort "on a gagné" et qui, en cas de défaite, s'indignent lâchement qu'ils aient perdu...
Il existe tout de même des supporters exemplaires et, devant moi, un homme qui s'y connaît, applaudit les essais des All Blacks et fait part à ses amis de commentaires pertinents.
   
    Pendant la pub, nous pouvons juste nous dégourdir un peu les jambes mais il nous est impossible de partir, cernées que nous sommes par cette marée humaine. Nous restons donc pour la deuxième mi-temps. Et là tout s'accèlère. Nous ne voyons pas le temps passer. Nous nous levons à chaque essai français, nous retenons notre souffle en attendant qu'il soit transformé. Et enfin, nous tremblons comme un seul homme pendant les dernières minutes de jeu en attendant le coup de sifflet fatidique. Victoire !
On danse, on chante, on saute, on hurle comme si l'on ouvrait la cage du fauve qui est en nous.
    Sans redescendre de notre petit nuage, nous poursuivons toutes les trois notre marche jusqu'aux Tuileries où 2000 points de feu embrasent les jardins.
   
    Cette nuit-là, j'ai vraiment senti que la flamme de l'enthousiasme nous portait. 
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03.10.2007

Exclusivement féminin

    Je n'aime pas spécialement faire les boutiques. Sans être agoraphobe, il arrive toujours un moment où la file d'attente aux cabines d'essayage m'épuise et où la musique techno qui résonne dans bon nombre de boutiques me tape sur les nerfs. Alors, je pars en achetant au débotté quelque chose qui me plaît -en souhaitant vivement que cela m'aille- ou alors sans rien.
 
    Samedi dernier pourtant, rentrée oblige, je suis sortie pour "m'équiper". Il n'y a pas qu'à Noël ou pour les fêtes que l'on s'autorise quelques dépenses. Les rentrées rythment nos vies, tel un éternel (re)commencement. Mais pour se donner peut-être l'illusion d'un nouveau départ, on change les starting-block et on repart sur du neuf.
Aussi, je me disais qu'acquérir une nouvelle paire de chaussures ne serait pas du luxe. Des chaussures qui fassent automne/hiver, confortables ET élégantes, ni trop hautes (je n'aime pas les talons aiguilles de 10 cm, ni les affreux godillots compensés et vertigineux!), ni plates comme la plupart de ces ballerines qui s'usent au bout d'un mois, quelque chose d'original sans un bout pointu donc. Vous pensez que je suis difficile... Mais en fait, je sais simplement ce que je veux. L'ennui c'est que les fabricants de chaussures se foutent de ce que je veux. Et ils nous offrent un panel de chaussures qui se ressemblent toutes plus ou moins. Oui, j'exagère! Parfois il y a une boucle, un noeud, ou un strass qui changent la donne.
 
    J'ai donc parcouru les rues marchandes, sans me presser. J'ai regardé attentivement, j'ai même fait quelques essayages. Il avait bien de jolies chaussures à brides qui auraient fait mon affaire, mais l'attache ne me paraissait pas solide, et dans le genre éphémère, j'ai déjà donné, merci. Rien de concluant! Mais cela ne m'a pas empêché d'entrer dans une petite boutique qui sentait bon le cuir. J'entre et je regarde, en me disant que cela n'engage à rien, pas comme ma grand-mère qui se croit obligée de repartir avec quelque chose quand elle a franchi le seuil d'une boutique. Il est vrai qu'elle n'est jamais entrée dans une boutique Christian Dior ou Yves Saint-Laurent...
Une souriante vendeuse me salue. Je regarde les chaussures, parfaites pour mes congénères mais d'un autre âge... le troisième. Avant de partir, je jette un oeil sur les sacs à mains. L'un d'eux attire mon attention et la vendeuse le sent, elle me demande déjà si elle peut m'aider. Et elle s'exécute fort bien, elle enlève le papier qui rembourre la bête et me vente les mérites de ce sac. Je préfère réfléchir et j'ai envie de marcher. D'ailleurs marcher et réfléchir vont de pair. Je n'aime pas dépenser sans compter ni acheter pour acheter.
Commence alors le monologue intérieur. Oui pas mal ce sac, mais enfin je partais pour acheter des chaussures. Mais bon, un sac ça se garde longtemps etc... Pesant le pour et le contre, j'ai fait demi-tour, pressant le pas de peur que quelqu'une m'ait devancée, car c'est le sac noir que je veux, pas son cousin en marron. 
 
    L'après-midi, munie de mon tout nouveau sac, je partais donc en quête de chaussures. Plus prévenante que le matin, je m'étais fait une liste de boutiques testées par tous ces gens qui perdent leur temps, pour nous faire gagner le nôtre, en faisant des guides. Bien évidemment, je n'allais pas me fier qu'à ces indications et j'ai donc décidé d'arpenter tout d'abord le quartier des Halles. Le plan A s'avérant mauvais, j'ai sorti ma liste de secours. Je noircissais ma liste de rayures en me disant que décidément les conseilleurs ne sont pas les payeurs.
Enfin, j'entrai dans une boutique aux environs de Bastille. Il n'y avait pas foule. Lassée de courir le tout Paris, je jetai un rapide coup d'oeil. M'apprêtant à renoncer rien qu'à la vue des prix -nous n'avons pas tous la même conception des marques dégriffées- je me suis tout de même arrêtée devant un paire pas mal du tout. A croire qu'elles m'attendaient, car le modèle de présentation correspondait à ma pointure (du 37 fillette donc, pour ceux qui aiment la précision).
 
-Vous voulez les essayer madame?
-Euh, oui.
 
    Et là, sans savoir comment, je me suis retrouvée face à un miroir en admiration devant des chaussures élégantes et confortables et de bonne qualité et et... Et une mamie qui derrière moi s'extasiait aussi sur ce que cela donnait au pied. Ce n'est pas comme si j'essayais une robe de mariée mais presque. La vendeuse me disait que je ne m'étais pas trompée.
-Ah oui, madame a bien choisi. Avec  Paco Herrero, on est rarement déçue! Personnellement, ce sont mes préférées.
 
    Mais il faut bien quelques scrupules avant de céder à la tentation. Alors j'ai fait part de ma principale réticence.
-Elles sont belles et confortables mais elles sont en daim et j'ai peur qu'elles s'abîment.
 
Réticence, vite envolée et je suis repartie avec les chaussures de mes rêves et l'imperméabilisant, offert par la maison. 

Ainsi donc les deux font la paire, puisque sans l'avoir prémédité au départ, je me suis retrouvée avec sac et chaussures assorties.

 

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